La Perle va-t-elle reprendre du service ? Peut-on la réparer ? Comment ? Le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) de la classe des Rubis avait subi le 12 juin dernier de graves dégâts suite à un incendie qui s’était déclaré dans sa partie avant alors qu’il était en réparation dans un bassin de la base navale de Toulon (Var). Le ministère des Armées doit trancher d’ici octobre au plus tard sur les différents scénarios de réparation et de remplacement.
"Les analyses se poursuivent. La décision sur son sort n’est pas prise (…) Il faudra regarder les facteurs et techniques et opérationnels pour minimiser l’impact sur les capacités de la Marine nationale", indique-t-on dans l’entourage de la ministre des Armées. Les évaluations ne sont pas évidentes tant pour la Marine nationale que pour Naval Group, le fabricant de La Perle, qui sont confrontés pour la première fois à un tel scénario d’incendie d’un sous-marin nucléaire d’attaque.
Trois pistes sont à l’étude.
Le premier scénario : la réparation de la coque elle-même.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 99.36+4.37
13 Avril 2026
Pétrole Brent contrat à terme échéance rapprochée$ USD/baril
L’opération est rendue complexe du fait de l’étendue des dégâts suite aux 14 heures d’incendie et également du fait que la conception des SNA de la classe des Rubis remonte aux années 70. Outre le montant, il faudra alors envisager la durée nécessaire pour effectuer les travaux. A noter que les principaux équipements de la Perle n’ont pas été touchés puisque ils avaient été débarqués avant l’incendie.
Deuxième scénario : la réparation grâce à la réutilisation d’éléments d’autres bateaux.
D'autres bateaux sont en cours de démantèlement comme le Saphir. Il s'agit du deuxième des six exemplaires des SNA de la famille des Rubis, retiré du service en 2019 et depuis basé à Cherbourg (Manche). Si nécessaire, on pourrait piocher sur le premier des 6 SNA mis en opération, le Rubis, qui devrait prendre sa retraite en 2021.
Troisième scénario: l’abandon des réparations
Si elles sont jugées trop importantes, la Marine pourrait se retourner vers une autre solution. La perte de La Perle serait alors compensée en maximisant la disponibilité des quatre autres SNA encore en service. Avec un équipage de 70 marins, ces bateaux sont conçus pour naviguer 220 jours par an. Cela pourrait passer par la prolongation de la durée de service du Rubis (admis au service actif en 1983) et l’optimisation des calendriers de réparation (et donc d’indisponibilité) de la flotte de SNA. La Marine pourrait envisager également d’accélérer l’entrée en service du Suffren, le premier des sous-marins de la classe Barracuda, les successeurs des Rubis. Le Suffren subit actuellement des essais à la mer pour vérifier son bon fonctionnement. En juillet dernier, il avait rejoint la base navale de Toulon, son port d’attache.
Suite au sinistre du 12 juin, le ministère des Armées avait saisi la justice. Une enquête judiciaire est en cours pour faire la lumière sur la chaîne de responsabilité dans la survenue de l’incendie. Le chantier de la réparation du sous-marin était alors sous la responsabilité de Naval Group. Si les conclusions définitives de l’enquête n’ont pas encore été rendues publiques, le nouveau chef d'état-major de la Marine Pierre Vandier avait indiqué début septembre que la combustion d’une feuille de plastique en vinyle à bord du navire serait à l’origine de l’incendie.



