«Notre technologie fonctionne et tient ses promesses, l'objectif est maintenant de passer au stade de la production industrielle», soutient Romain Di Costanzo, co-fondateur et président de Hycco. La start up toulousaine, qui a mis au point un procédé de fabrication qui permet de produire des plaques bipolaires de nouvelle génération, en matériau composite renforcé de fibre de carbone, pour piles à combustible à hydrogène, s'apprête à changer d'échelle. 8 millions d'euros vont être investis dans un nouveau site, basé également à Toulouse (Haute-Garonne), pour mettre en œuvre une première ligne de production industrielle. Le projet, lauréat de l'appel à projets France 2030 Première usine, sera financé à hauteur de 2 millions d'euros par Bpifrance. Le déménagement est prévu pour le mois de juin 2024. Hycco vise une capacité de production de 165 000 plaques bipolaires à horizon 2027, avec la création, dans un délai de 3 ans, d'une trentaine d'emplois supplémentaires.
Une ligne pilote déjà opérationnelle
Créée en 2019 au sein de l'incubateur de l'école d'ingénieurs IMT Mines Albi (Tarn), la start-up est actuellement installée dans 300 m² à la pépinière d'entreprises de Toulouse-Montaudran et emploie 17 salariés. Elle bénéficie par ailleurs d'un accès à la plateforme technologique voisine, de l'IRT Saint-Exupéry (Institut de recherche technologique), au sein du centre d'innovation technologique et aéronautique du B612, à Toulouse. Après plusieurs années de R&D, Hycco a déployé au début de l'année une première ligne de production pilote, qui monte progressivement en cadence, pour une capacité attendue d'environ 10 000 plaques bipolaires par an. «Cela nous permet de réaliser des piles prototypes et des préséries à échelle1 pour nos premiers clients et prospects», explique Romain Di Costanzo.
100 millions d'euros de chiffre d'affaires à horizon 2033
La société a, en effet, déjà enregistré ses premières ventes. A son actif, un partenariat avec la PME Pragma Industries à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), spécialisée dans le développement de systèmes à pile à combustible dédiés aux véhicules légers et applications nomades. Les deux partenaires sont aussi engagés aux côtés du droniste toulousain Delair et de l'ISAE-Supaero, pour développer une pile à combustible "avionnable", capable de démultiplier les capacités d'autonomie des drones. Un premier vol est attendu pour le premier trimestre 2024, pour une commercialisation dans le courant du second semestre.
D'autres projets sont également en cours, avec la société estonienne PowerUp Energy Technologies, pour des générateurs électriques de secours ou d'alimentation primaire, ou encore avec l'ESA (Agence spatiale européenne), pour des applications dans les satellites. «Nous avons entièrement repensé ce qui constitue le cœur des piles à combustible, en remplaçant les plaques en graphite, ou métalliques, par un matériau composite en résine polymère et fibre de carbone et nous avons développé un procédé de fabrication adapté. A la clef, des plaques plus légères, mois encombrantes, avec une espérance de vie allongée, le tout proposé à un prix compétitif!», se félicite le chef d'entreprise. De quoi séduire de nombreux secteurs, avec en ligne de mire le transport routier et maritime, mais aussi l'aéronautique. «Notre ambition est de franchir le cap des 15millions d'euros de chiffre d'affaires dans un délai de 5ans et celui des 100millions d'euros à horizon2033», annonce Romain Di Costanzo.
Le chiffre d'affaires de Hycco devrait s'établir à 250 000 euros en 2023 et la société déclare avoir déjà sécurisé à minima 750 000 euros de chiffre d'affaires pour 2024.






