La France se prépare à la guerre sous-marine du futur à base de drones

La Direction générale de l’armement a confié à Naval Group la mission de réaliser un démonstrateur de drone sous-marin de combat. L’industriel mène des tests à La Seyne-sur-Mer (Var) pour développer l’autonomie décisionnelle de tels systèmes.

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Naval Group Drone de combat sous-marin
Le démonstrateur de drone de combat de Naval Group doit permettre de mettre au point des caractéristiques clés comme l’autonomie énergétique, l’intégration de senseurs et les capacités de traitement autonomes.

La France a raté le virage des drones de combat aériens, elle ne veut louper celui des drones sous-marins. La Direction générale de l’armement (DGA) a signé fin décembre avec Naval Group un accord cadre en vue de développer un démonstrateur de drone sous-marin de combat sans équipage (UCUV pour "unmanned combat underwater vehicle").

Selon le communiqué rendu public par le ministère des Armées le 30 janvier, l’objectif est de disposer à moyen terme d’un grand démonstrateur de longue endurance de plus de 10 mètres et de plus de 10 tonnes. «Cet accord doit permettre le développement des différentes technologies indispensables à la réalisation d’un démonstrateur UCUV, telles que l’autonomie énergétique et l’intégration de senseurs et de capacités de traitement autonomes», précise encore le communiqué.

analyse de la situation tactique

Naval Group dispose déjà d’un démonstrateur qualifié à la mer depuis la fin de l’été 2023. Selon la DGA, les premiers travaux doivent concerner le perfectionnement du drone dans son autonomie décisionnelle contrôlée (ADC) et sa capacité à naviguer en toute sécurité. Le fabricant de navires pour la Marine nationale mène des tests à La Seyne sur Mer (Var) près de Toulon pour développer ces deux caractéristiques sur des drones de différentes tailles.

Elles sont clés car contrairement aux drones terrestres et aériens, les drones sous-marins ne peuvent être pilotés à distance par des moyens de communication sans-fil, les ondes électromagnétiques se propageant mal dans l’eau. «Grâce à une replanification permanente alimentée par l’analyse de la situation tactique, l’ADC permet aux systèmes autonomes de s’adapter aux aléas tactiques, à l’environnement et aux éventuelles avaries», explique l’industriel.

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Naval Group revendique une dizaine d’années de savoir-faire dans le domaine des drones navals.

Des chasseurs de mines sous-marins

Les drones sous-marins ont déjà trouvé une première application militaire dans la chasse aux mines navales. En 2020, la France a lancé le programme SLAMF (système de lutte anti-mines navales du futur, ndlr) qui vise à éloigner l’homme de la menace de ce type d’explosifs. Cette solution s’appuie notamment sur deux drones sous-marins dotés de sonar capables en autonomie de détecter les mines, les classifier, et les neutraliser.

En février 2022, le ministère des Armées avait dévoilé sa nouvelle doctrine en matière de maîtrise des fonds marins avec la volonté de renforcer sa capacité d’action jusqu’à 6000 m de profondeur. Il a affiché l’objectif de disposer d’une offre souveraine dès 2025. Des acteurs comme Naval Group, Thales et le spécialiste Exail devraient être en première ligne pour relever ce défi industriel.

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