Troquer le bois contre des algues pour faire du papier et des emballages, l’idée est à l’étude chez DS Smith. Le projet fait partie du programme de R&D de l’industriel, annoncé avant l’été, dont le budget s’élève à 115 millions d’euros. En exploitant la ressource marine plutôt que forestière, le cartonnier britannique espère réduire son impact environnemental. «Dans un souci de durabilité, l’utilisation d’algues en tant qu’alternatives aux fibres de bois pourrait notamment avoir un impact environnemental moindre», explique Thomas Ferge, directeur du développement papier et carton.
Les fibres d’algues sont aussi envisagées comme revêtement, en substitution du plastique, pour fournir des propriétés barrières. L’industriel indique en évaluer le potentiel pour, par exemple, préserver la fraîcheur des aliments et prévenir des odeurs.
Emballages en papier et plateaux en carton
DS Smith, qui l’envisage dans un premier temps pour une gamme d’emballages en papier et de plateaux en carton, ne s’impose aucune limite quant aux futures applications. "Nous explorons toutes les options, en fonction de la disponibilité, des propriétés des fibres et de celles des matériaux d’emballage." Le cartonnier indique être en pourparlers avec plusieurs start-up, dont les noms sont gardés confidentiels.

- 120-3.15
Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Neuf milliards d’euros : une algue prometteuse
En France, les sociétés Fermentalg et Greensea sont des acteurs majeurs dans la production et la transformation d’algues en produits innovants. Le marché est prometteur, selon Seaweed for Europe, une organisation dont l’objectif est de développer cette filière. Selon son rapport 2020 intitulé Hidden champion of the Ocean, le marché des algues devrait représenter, en 2030, neuf milliards d’euros et 115 000 emplois. Encore faut-il que la production augmente à 8 millions de tonnes (contre 300 000 tonnes en 2020).
A la recherche de la nouvelle fibre
DS Smith semble prêt à y contribuer, même s'il indique multiplier les pistes de recherche sur la diversification des matières entrant dans la composition de ses produits. Dans son communiqué, le groupe précise que ses travaux sur les fibres naturelles alternatives au bois "portent sur d'autres matériaux innovants tels que la paille, le chanvre, le miscanthus et le coton, ainsi que sur des sources plus inhabituelles comme la silphie perfoliée (plante herbacée) ou encore les déchets agricoles comme les coques de cacao et la bagasse (fibre de pulpe issue du traitement de la canne à sucre)".



