L'Europe réaffirme son souhait de souveraineté sur le calcul intensif

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Atos centre d'essai de supercalculateurs Angers
Si l’Europe dispose d’un constructeur, le français Atos, elle dépend de fournisseurs américains pour le processeur, le coprocesseur et le réseau d’interconnexion.

Le calcul intensif ? « C’est vital pour l’avenir de l’Europe, affirme Daniel Ver­waerde, le président du Forum Teratec. Nous n’en faisons pas encore ­assez. » L’événement, qui se tenait en ligne fin juin, a permis de réaffirmer la volonté européenne de gagner en souveraineté sur le sujet. Son ambition est portée par la coentreprise EuroHPC, créée en 2018 par 22 pays membres. L’un des objectifs est de soutenir l’acquisition de huit supercalculateurs européens en finançant la moitié de leur coût d’achat. Pour mener à bien ses actions, la structure a été dotée d’un budget de 1,1 milliard d’euros entre 2018 et 2020 et pourra compter sur 8 milliards d’euros entre 2021 et 2033.

EuroHPC entend notamment mettre fin à la dépendance de l’Union européenne. Et ambitionne de maîtriser trois technologies clés des supercalculateurs : le processeur, le coprocesseur et le réseau d’interconnexion. Car si l’Europe dispose d’un constructeur, le français Atos, elle dépend pour ces trois composants de fournisseurs américains. Intel et AMD pour le processeur, Nvidia et AMD pour le coprocesseur et Mellanox pour le réseau d’interconnexion.

La start-up SiPearl – qui a bénéficié d’une subvention européenne de plus de 6 millions d’euros en février – planche déjà sur le processeur, tandis que le consortium EPI se charge du coprocesseur. Avec une échéance : à partir de 2023, en Europe, la moitié des machines à acquérir devront être de technologie européenne. Cette stratégie permettra de relancer l’Union dans la course au calcul intensif, indispensable pour accompagner le progrès industriel et scientifique dans des domaines comme l’IA, la pharmacie et le climat. Elle compte s’aider pour cela du calcul quantique, technologie en vogue qui devrait doper les supercalculateurs de demain... et en profiter d’ici là.

« La clé d’une application réussie du calcul quantique est son hybridation avec le calcul haute performance, considère Kristel Michielsen, la responsable de l’informatique quantique du centre de calcul de Jülich. Un logiciel sera capable d’exploiter à la fois le système quantique et le système conventionnel dans un même programme. » Soutenu par EuroHPC, le consortium HPCQS doit livrer en 2023 deux supercalculateurs intégrant un module d’au moins 100 qubits, fourni par le français Pasqal. L’un sera installé dans le centre allemand, l’autre au Très grand centre de calcul du CEA, à Bruyères-le-Châtel (Essonne). Avec un objectif : démontrer un avantage quantique européen.

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