Conséquences directes du réchauffement climatique, les incendies géants qui ont récemment ravagé les forêts de Gironde ont pris de court les services de secours. Face à ces menaces de plus en plus fréquentes et de plus en plus intenses, les pays membres de l'Union européenne cherchent ainsi à renforcer leur arsenal. La France, qui dispose actuellement de 19 avions bombardiers d'eau (12 Canadair CL-415 et 7 Dash 8-Q400), pourrait bientôt renouveler une partie de sa flotte vieillissante grâce à une innovation signée Airbus. Le constructeur européen a en effet réussi à transformer ses avions de transport militaire A400M Atlas en bombardiers d'eau, sans aucune modification structurelle.
Impossible d'écoper
L'appareil, qui avait d'ailleurs permis le rapatriement de milliers de ressortissants d’Afghanistan après la prise de Kaboul par les Talibans en août 2021, a été équipé d'un kit de conversion amovible, testé au cours des dernières semaines. Lors d'un essai mené en Espagne jeudi 21 juillet, l'avion a largué jusqu'à 20 tonnes d'eau en moins de dix secondes, à basse altitude (45 mètres) et à faible vitesse (230 km/h), pour une précision optimale.
Le Canadair ne peut quant à lui déverser que 6 tonnes d'eau, mais présente l'avantage de pouvoir en écoper en volant au ras de la surface de la mer ou d'un lac. Pour remplir l'A400M, il faut en revanche stocker l'eau dans un réservoir et le charger dans la soute. Une opération qui ne prend que cinq à dix minutes et peut s'effectuer sur un terrain court et meuble, comme une plage par exemple. Boeing avait d'ailleurs déjà mis au point un dispositif similaire avec son 747 Supertanker, qui affiche une capacité record d'environ 75 000 litres.
Un nouvel essor pour l'A400M
« Nous sommes fermement convaincus que l’A400M peut jouer un rôle de tout premier plan dans la lutte contre la menace grandissante que constituent les feux de forêt, ainsi que dans la préservation des écosystèmes environnementaux », a déclaré Mike Schoellhorn, PDG d’Airbus Defence and Space, dans un communiqué. Le constructeur prévoit désormais de fabriquer ce kit en série et de réaliser des tests complémentaires de nuit « afin de renforcer la capacité et l’efficacité de l’appareil dans cette configuration ».
Si la France possède déjà 19 A400M et en attend 50 au total, l'appareil a gravement souffert de ses nombreux retards et de ses surcoûts conséquents. Mis en service fin 2013, il n'est revenu sur le devant de la scène qu'en 2021, avec deux commandes successives du Kazakhstan et de l'Indonésie. Airbus rêve désormais pour son avion de transport militaire d’un destin comparable à celui du Rafale, longtemps boudé mais finalement devenu l'un des best-seller de Dassault Aviation.



