Un drone vraiment pas comme les autres. Presqu’un ovni, en sourit son concepteur Pierre-Eric Lys, 59 ans, fondateur de la société X721 basée à Dubaï. L’Heliblade, qui n’a rien de similaire ou presque avec aucun aéronef connu à ce jour, est capable de rester en vol plusieurs mois dans la stratosphère – soit au-delà de 20 km d’altitude.
Il est principalement constitué d’ailes, de deux à quatre en fonction du modèle, équipées chacune d'un moteur à hélices, qui en tournoyant à la manière de pales d’hélicoptères, assurent la robustesse et la portance du système. «Il n’y a pas de volets, d’ailerons ou de gouverne verticale. Il a très peu de pièce mobiles. Le moindre gramme gagné, c’est de la performance supplémentaire», justifie cet ingénieur passé par Airbus et Thales. Pesant moins de 3 kilos pour une envergure de 14 m, il s’impose comme l’un des drones les plus légers au niveau mondial dans sa catégorie. L’Heliblade est propulsé par des moteurs électriques alimentés par des générateurs solaires.
100 fois moins cher qu'un satellite
Il peut transporter une charge utile de l’ordre de 10 kg qui peut être soit un instrument optique ou un émetteur télécoms. Pour l’imaginer, Pierre-Eric Lys s’est inspiré de ses deux passions : l’hélicoptère, notamment les pales, pour le design et la course en voile pour le choix des matériaux légers et résistants. L'architecture des ailes a été inspirée par les graines d’érables qui tournoient dans leur chute.
De conception révolutionnaire, l’Heliblade a nécessité un système de pilotage tout aussi innovant. «J’ai essayé de définir le pilotage automatique de l'appareil par des équations. Sans réussir. Il a fallu recourir à l’intelligence artificielle», indique Pierre-Eric Lys. Selon lui, il aurait été impossible de faire voler un Heliblade avant les développements actuels de l’IA.

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Deux démonstrateurs ainsi que des vols en simulation ont permis de valider le concept de l’appareil et de son mode de pilotage. La société créée en 2014 envisage un premier vol en début d’année 2026 et prévoit d’ouvrir des sites d’assemblage au plus proche des sites d'envol – sur le continent américain, au Moyen-Orient, en Europe ou en Asie. La société compte une dizaine de salariés.
Un aéronef difficilement détectable
Capable de répondre à des missions civiles (observation de la Terre, relais télécoms) comme militaires, le drone se place comme une alternative aux satellites d’observation en orbite à 400 km d'altitude, avec l’atout d’être vingt fois plus près de ses cibles. «Il peut rester au-dessus d’une zone et réaliser des missions d’observation dans un rayon d’environ 400 km», argue Pierre-Eric Lys.
Selon la société, un Heliblade serait 100 fois moins cher qu'un satellite d'observation et 7 fois moins cher qu'un ballon stratosphérique opérant dans le domaine. «C’est l’équivalent d’un satellite qui vole très bas, précise le PDG de l'entreprise, qui compte une dizaine de salariés. Avec un double avantage : on peut le récupérer, le réparer et le relancer, et il ne crée pas de débris spatiaux.»
Et pour intéresser les militaires, l’Heliblade a un avantage supplémentaire : il est quasiment impossible à détecter, fait valoir son concepteur. «Il a une signature radar extrêmement faible car il vole lentement et ses équipements à bord ne réfléchissent pas les ondes radars.»



