Atos, nouvel arbitre dans la course au calcul quantique ? Le groupe français a dévoilé son unité de mesure des performances des processeurs quantiques, le Q-score.
Reposant sur un problème mathématique d’optimisation combinatoire trop complexe pour les calculateurs conventionnels, il renvoie à des cas concrets d’usage industriel, telle la gestion des bornes de recharge de véhicules électriques d’EDF ou l’amélioration de matériaux de capture du CO2 pour Total.
"Ne me dites pas comment vous avez fabriqué la machine, dites-moi ce qu’elle peut faire", résume Artur Ekert, professeur de physique quantique à Oxford (Royaume-Uni) et membre du comité scientifique d’Atos. Une manière de souligner la différence entre le Q-score et le volume quantique, créé par IBM en 2017.
"Trop centrée sur le hardware", selon Artur Ekert, la métrique américaine calcule, pour un algorithme donné, combien de qubits parviennent à enchaîner un nombre de calculs sans erreur. "Le Q-score, lui, a l’avantage de ne pas dépendre de l’architecture d’une machine", précise Olivier Ezratty, auteur d’un livre sur les technologies quantiques.
Mais la métrique française n’est pas seule à pallier ce défaut. La start-up américaine IonQ a dévoilé en décembre le qubit algorithmique, une unité de mesure présentée comme une amélioration du volume quantique. Une ombre faite au Q-score ? Pas forcément. Si la start-up met à disposition de la communauté son mode de calcul, seul Atos compte effectuer un classement annuel des meilleurs calculateurs quantiques du monde.
Pour garder un œil sur les avancées des constructeurs, alors que le groupe français veut intégrer le quantique à ses supercalculateurs et se positionner en arbitre, lui qui n’est pas un constructeur, contrairement à IBM ou IonQ. Reste à savoir si cette neutralité affichée suffira à imposer le Q-score en nouvelle norme. En trois ans, alors que seule sa métrique existait, IBM n’y est pas parvenu, le volume quantique étant toujours boudé par plusieurs constructeurs, Google en tête.



