Un laboratoire volant pour tester les technologies embarquées dans les hélicoptères et taxis volants du futur. C’est la vocation de Flightlab, un H130 bardé de systèmes de pointe dévoilé par Airbus Helicopters jeudi 21 janvier. Lancé début 2020, l’appareil a déjà effectué plusieurs campagnes de tests. Un outil multi plateformes qui permet au groupe de faire mûrir des briques technologiques et de se diriger vers des engins volants moins bruyants et surtout moins polluants.
C'est l'un des axes de développement majeurs de Flightlab : réduire l’empreinte environnementale des hélicoptères. "La première étape consiste à réduire par deux les émissions de CO2 des hélicoptères d’ici 10 ans", résume Tomasz Krysinski, directeur R&T d’Airbus Helicopters. Une amélioration qui sera rendue possible grâce à des systèmes propulsifs plus performants, un design plus efficient et à l’hybridation électrique. En 2021, un moteur électrique de 100 kW va être monté sur Flighlab pour fournir une alimentation de secours en cas de défaillance de la turbine.
L'hydrogène en ligne de vue
L’acheminement de l’hydrogène pour des hélicoptères constitue un enjeu complexe
— Tomasz Krysinski
Mais le groupe voit déjà plus loin. L’utilisation de l’hydrogène, à l’instar de ce que le groupe Airbus projette pour les avions commerciaux, pourrait intervenir dans le courant de la décennie 2030. «Reste que l’acheminement de l’hydrogène pour des hélicoptères constitue un enjeu complexe», nuance Tomasz Krysinski. Si les avions commerciaux pourront s’appuyer sur les aéroports, les infrastructures pour les hélicoptères sont de moindre envergure.

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Autre axe auquel s’attaque Flightlab et son équipe de 25 experts associés : la réduction du bruit. Un enjeu clé alors qu’Airbus Helicopters ambitionne, comme en témoigne CityAirbus, de conquérir les nouvelles formes de mobilité aérienne urbaine pour lesquelles l’acceptabilité sociale est cruciale. Le groupe a effectué des essais en vol pour mesurer et corréler les niveaux sonores des hélicoptères perçus à l’extérieur. Le groupe effectue des modélisations numériques de la propagation du bruit, notamment en milieu urbain, pour mieux comprendre comment réduire les nuisances sonores.
Vers des hélicoptères plus autonomes
L’enjeu de la réduction des nuisances concentre une grande partie des travaux de recherche autour de Flightlab. Mais celui lié à l’autonomie et à la sécurité semble tout aussi prioritaire pour Airbus Helicopters, alors que les accidents d’hélicoptères restent fréquents. D’où des tests menés dès ce début d’année autour de l’analyse d’image – via une caméra sur le nez de l’appareil et du traitement de données – pour assurer une reconnaissance automatique des obstacles. De quoi à l’avenir offrir une reconstruction 3D des zones d’atterrissage.
Le système RSAS (pour Rotor strike alerting system), basé sur l’utilisation de deux lidars, vise quant à lui à limiter les risques de collisions avec des objets en vol. Egalement expérimenté en janvier 2021, un équipement sera chargé d’analyser les vibrations de l’appareil pour s’assurer du bon état des ensembles dynamiques. Quant à l’amélioration des interfaces hommes/machines, enjeu crucial également dans l’aviation commercial pour fournir aux pilotes les bonnes informations au bon moment, elle est également au programme. Airbus Helicopters compte tester début 2022 des commandes de vol censé rendre le pilotage plus intuitif.
Si le groupe n’a pas souhaité préciser l’investissement en R&D que représente Flightlab, il reconnaît que l’usage d’un hélicoptère léger permet de réduire les coûts liés aux essais. Les travaux sont réalisés en concertation avec les autres branches du groupe, Airbus Commercial Aircraft et Airbus Defence and Space, et avec d'autres partenaires restés confidentiels. Si les briques technologiques testées visent à mettre en oeuvre à termes des solutions de rupture, Flightlab a aussi pour mission de pousser aussi l'innovation incrémentale pour aider à améliorer les engins existants.



