Commandé à Airbus Helicopters par la Direction générale de l’Armement (DGA) en 2017, le VSR700 a pris son envol mardi 28 juillet à Marignane. Pour la première fois, le prototype destiné à la Marine Nationale a pu effectuer un vol de dix minutes en totale autonomie, ce qui encourage les équipes d’Airbus Helicopters à travailler d’arrache-pied pour permettre les essais en mer. "Le vol autonome effectué par le VSR700 est une étape majeure vers les essais en mer qui seront réalisés fin 2021 dans le cadre de l’étude de réduction des risques pour les futurs drones de la Marine Nationale, commandée par la DGA", a déclaré Bruno Even, Président directeur général d’Airbus Helicopters, dans un communiqué.
Un drone autonome pour la surveillance maritime
Surveiller les mers et identifier les embarcations suspectes. Dans le cadre de son programme de Système de drones aériens de la Marine (SDAM), la Marine Nationale désire utiliser les drones volants pour détecter et identifier les navires au-delà de l’horizon radar de ses bateaux. "Le type de mission qu’un drone peut accomplir dépend du type de capteurs dont il est équipé. Il est prévu que le VSR700 soit équipé, entre autres, d’une caméra optronique – caméra utilisant à la fois des systèmes optiques et électroniques – grâce à laquelle il pourra par exemple détecter et identifier les embarcations, lorsque la portée des radars qui équipent le navire est dépassée", détaille Nicolas Delmas, directeur du programme drone et VSR700 chez Airbus Hélicoptères.
La Marine entend remplacer les hélicoptères conventionnels – comme le NH90 – par ce type de drones, pour des missions où la présence d’un pilote le met trop en danger ou représente une "faible valeur ajoutée", avance le directeur du programme. "Le VSR700 est totalement autonome. Il ne s’agit pas de le piloter à distance, mais bien de le laisser suivre un plan de mission qui est bien entendu modifiable en direct. Grâce à des data links, l’aéronef et la base au sol seront interconnectés".

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Une base mécanique fiable
Pour partir sur des bases mécaniques fiables et éprouvées, le VSR700 d’Airbus Helicopters est dérivé de l’hélicoptère Cabri G2, développé par la PME française Guimbal, dont la première livraison a eu lieu en septembre… 2008 ! Selon Nicolas Delmas, "en partant sur cette base d’hélicoptère civil, nous étions sûrs d’avoir une technologie fiable. De plus, le modèle Cabri G2, de petite taille, permettait de répondre pleinement aux besoins de la Marine Nationale dans la mesure où il limite l’encombrement et réduit les coûts de fonctionnement et la consommation grâce à son poids plume de 700 kg". Pour améliorer encore les performances du drone en termes de consommation énergétique, il sera doté d’un moteur diesel.
Le constructeur ne s’est pas contenté de reprendre un modèle existant : il a fallu l’adapter au milieu marin, aux applications militaires, et surtout le rendre autonome. Si la base technologique est certifiée conforme, obtenir les certifications pour un aéronef autonome s’avère plus compliqué.
Garantir la sécurité
"Assurer le niveau de sécurité le plus élevé est la problématique numéro 1", selon Nicolas Delmas. "Il est inenvisageable de faire voler un drone sans pouvoir garantir un niveau de sécurité suffisant. Tout l’enjeu est donc d’obtenir les certifications nécessaires au déploiement des hélicoptères sans pilote, mais - dans ce secteur encore jeune - les certifications sont tout juste en train de se définir".
Ainsi, lors de son vol inaugural en novembre 2019, le VSR700 était retenu par des câbles pour des raisons de sécurité. Le vol du mardi 28 juillet a pu être effectué dans la mesure où le constructeur a justifié, en amont, le plus haut degré de sécurité de sa machine.
Dans le domaine de la certification, le Directeur du programme de drones affirme qu’Airbus Helicopters a un coup d’avance "en cumulant la capacité de développer le produit, et de démontrer le niveau de sécurité nécessaire à sa certification".
Le défi de l’intégration
Même si, grâce à sa petite taille, le VSR700 pourra occuper les ponts des porte-hélicoptères de la Marine sans remplacer les NH90, son intégration au milieu marin et militaire n’en est pas facilitée pour autant. Première difficulté technologique : l’appontage autonome. "Sur l’eau, un navire est toujours en mouvement, ce qui rend plus difficile l’appontage d’un hélicoptère autonome. De surcroît, en fonction de l’agitation de la mer, les conditions d’appontage varient sensiblement, ce qui représente un défi majeur pour un drone", explique Nicolas Delmas.
De plus, "les drones que nous délivrerons à la Marine Nationale devront être robustes pour résister aux interférences qui se trouvent à proximité des navires". En effet, un autre défi majeur est lié à l’environnement électromagnétique d’un navire de guerre bardé de radars et d’antennes. Pour assister Airbus Helicopters dans l’étude de l’intégration de son drone sur les navires de la marine française, le spécialiste de l’industrie navale, Naval Group, apporte son expertise en tant que principal constructeur des bâtiments de la Marine Nationale.



