Zalkin agrandit son usine de Montreuil-l’Argillé

Le constructeur normand investit 15 millions d’euros dans une extension de 10 000 m² qui lui offrira plus d'espace pour produire ses machines de capsulage.

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Zalkin usine de Montreuil-L'Argillé
L'usine de Zalkin à Montreuil-l'Argillé (Eure) va bénéficier d'une extension de 10 000 m².

Des usines qui ferment, d’autres qui s’agrandissent… : ainsi va la vie dans l’univers de la machine d’emballage. Si le site de Cermex (Sidel), à Lisieux (Calvados), vit des heures difficiles, celui de Zalkin, à Montreuil-l’Argillé (Eure), situé à une trentaine de kilomètres, est dans une passe nettement plus favorable. Le constructeur de capsuleuses vient d’annoncer un investissement de 15 millions d’euros pour doter son établissement d’un atelier de production supplémentaire de 10 000 m², situé sur un terrain attenant. Les travaux de terrassement viennent de commencer. Les locaux seront prêts dans un an.

« Nous avons connu une croissance de 7% en moyenne depuis trois ans et les perspectives de développement sont positives, il était devenu urgent pour nous de disposer de plus de place afin de répondre à la hausse de la demande », résume Laurent Fournier, Pdg de cette société qui réalise un chiffre d’affaires de 72 millions d’euros avec un effectif de 380 personnes et totalise 100 millions d’euros pour 450 personnes, si l’on considère les autres filiales dans le monde. Il s’agit du cinquième agrandissement pour l’usine de Montreuil-l’Argillé, dont l’activité est centrée sur la fabrication de capsuleuses, ces machines qui servent à appliquer les bouchons plastique et métal sur les bouteilles, mais aussi d’autres systèmes de fermeture et de sertissage ainsi que tous les équipements permettant de manutentionner ces composants, de les nettoyer, de les orienter, puis de vérifier la qualité du serrage.

Un leader mondial

Zalkin est un des leaders mondiaux de cette spécialité, avec un parc de 13000 machines en activité. L’entreprise est présente chez des grands comptes comme Coca-Cola, Danone ou Nestlé, et des petites entreprises moins connues. Créée en 1932, et initialement basée à Puteaux (Hauts-de-Seine), elle a su franchir avec succès les différents « sauts » technologiques qui ont impacté son activité, de l’avènement de la mécatronique dans les années 2000 à la course aux vitesses en passant par l’hygiène et les problématiques de sécurité et d’ergonomie puis à celles de l'industrie 4.0. « Nos clients nous apprécient surtout pour la qualité et la robustesse de nos matériels, souligne Laurent Fournier, certaines de nos machines tournent depuis 40 ans ! » Plus récemment Zalkin, qui est entré dans le giron du groupe américain Pro Mach en 2013, a été confronté aux questions environnementales, avec l’avènement des bouchons ultracourts, puis des bouchons solidaires, ce qui a impliqué d’adapter, encore une fois, les machines.

Entre 5 et 10% de croissance

Sur ce marché en mouvement permanent la demande ne faiblit pas. « Nous prévoyons une croissance comprise entre 5 et 10% en volume dans les prochaines années, ce nouvel atelier permettra de répondre à nos besoins pendant une dizaine d’années au moins », assure le Pdg. Outre la construction du nouveau hall d’assemblage, l’investissement comprend une enveloppe destinée à l’achat de matériel de production. Sept nouvelles machines, entre centres d’usinage et systèmes de découpe, iront s'ajouter aux dix-neuf équipements déjà présents sur le site, ce qui doublera la capacité de production de pièces. L’objectif clairement affiché par la direction est d’augmenter l'intégration verticale afin de moins dépendre du réseau de sous-traitance. « En maîtrisant davantage le cycle de production de nos composants, nous aurons plus de latitude sur les délais et la qualité, cela nous permettra d’augmenter la qualité des services fournis à la clientèle », argumente Laurent Fournier.

50 nouveaux emplois

Une cinquantaine de recrutements sont prévus, dans les postes d’usineurs principalement, mais aussi dans les fonctions d’accompagnement commercial, le service après-vente (SAV) ou encore l’automatisme. Il restera à trouver la main-d’œuvre… La tâche est pour le moins difficile dans cette période tendue, caractérisée par des besoins supérieurs à l’offre dans quasi toute l’industrie manufacturière et bien au-delà, mais Laurent Fournier ne désespère pas : « Nous travaillons pour mieux nous faire connaître et faire connaître nos métiers à l’extérieur. Une fois passés les premiers écueils, quand les jeunes comprennent vraiment ce que nous sommes capables de faire, nous arrivons à susciter chez eux le fameux effet "waouh" et là il n’y a plus de problèmes. »

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