Emballages Magazine s’était fait l’écho, dans son numéro 1052, publié en juillet dernier, du robot ADP-20L, conçu par la société Nooddis, basée à Beynost (Ain). Un équipement novateur qui a été développé pour les pharmacies des hôpitaux et se caractérise par la possibilité de préparer, avec précision et en toute sécurité, les doses de médicaments liquides des patients. Dans le détail, l’appareil remplit à la goutte près des coupelles en plastique avec les doses prescrites, alimenté par des flacons de grande contenance identifiés par des puces de radio-identification (RFID). Il pèse ensuite le contenant, après en avoir enregistré la tare, pour vérifier que tout est en ordre, puis le thermoscelle avec un opercule. Un marquage indiquant le nom du patient, la date et la prescription est immédiatement effectué sur l’emballage. Sur le côté, un code 2D garantit la traçabilité.
Hôpitaux psychiatriques
« Il n’existe rien d’équivalent sur le marché, nous avons mis au point une solution très sécurisée qui soulage énormément le personnel soignant et lui évite le stress lié à la préparation et à l’administration, surtout dans les milieux difficiles comme les hôpitaux psychiatriques », s’enorgueillit Jean-Philippe Varenne, le Pdg de Nooddis, rencontré lors du salon All4Pack emballage Paris, qui avait lieu à Paris-Nord Villepinte du 4 au 7 novembre. Et d’ajouter : « En plus, en vérifiant la correspondance entre le marquage inscrit sur le médicament et les informations notées sur le bracelet du malade, il n’y a aucun risque de se tromper. On est sûr que la bonne dose du bon médicament va au bon patient ! »
Quatre robots ADP-20L ont déjà pris place dans des hôpitaux français. La dernière machine vient justement d’être installée au centre hospitalier universitaire (CHU) de Lille (Nord) il y a quelques semaines. Outre sa fonction de base, elle est appelée à jouer un rôle clé dans une étude sur la stabilité des doses conditionnées, menée dans le cadre d'une thèse Cifre réalisée par Yara Habib et qui vise plus particulièrement à déterminer les interactions contenant-contenu en fonction du temps et de l'environnement (lumière, température…).
Coûts colossaux
Forte de ces premiers succès commerciaux, l’entreprise envisage maintenant de se développer à l’export, notamment outre-Atlantique où, comme le rappelle Jean-Philippe Varenne : « Compte tenu des frais de personnel, et plus particulièrement des salaires des pharmaciens, la préparation de médicaments peut représenter des coûts colossaux. » L’actualité de l’entreprise est également marquée par la mise au point d’un prototype pour remplir non pas des coupelles, mais des seringues de médicaments à destination des nouveau-nés. « C’est loin d’être simple, car non seulement il faut être encore plus précis sur les doses, mais, en plus, il faut s’assurer d’expulser toutes les bulles d’air », souligne le dirigeant. Un défi de plus dont Nooddis devrait sûrement pouvoir s’accommoder !



