Le calage en laine intéresse bien au-delà de la maroquinerie de luxe, des lunettes et de la cosmétique… Casa Zanoni, plate-forme e-commerce spécialisée dans la vente de produits d’épicerie fine italiens tels que pâtes, fromages, charcuterie, huile d’olive et autres vinaigres balsamiques, a opté pour ce mode de protection pour ses colis, en alternative au film à bulle. « Nous recherchions depuis longtemps une solution pour éviter le plastique », expliquait Greta Brugnoli, directrice générale de Casa Zanoni, lors d’une conférence à Édition spéciale by Luxe Pack, à Paris, le 2 juillet dernier.
C’est justement lors de la précédente édition de ce salon professionnel, en 2024, toujours à Paris, que l’e-commerçant avait fait la connaissance de Woola, l’entreprise estonienne qui a mis au point ce matériau de calage. « 200 000 tonnes de laine inexploitables dans l’industrie textile sont enfouies ou brûlées chaque année », observe Anna-Liisa Palatu, fondatrice et actuelle dirigeante de Woola. Et de poursuivre : « Grâce à un procédé unique, nous savons transformer ce déchet en ressource pour en faire un emballage aux vertus antichocs, possédant également d’excellentes caractéristiques isothermes et d’absorption de l’humidité. »
Communication
Depuis le début de la collaboration avec Woola, il y a un an, Casa Zanoni a envoyé à ses clients quelque 4000 colis utilisant ce calage pour un équivalent de 681 kg de laine, soit 3 200 m² de film à bulle évités à l’environnement. « Nous avons commencé par quelques colis, pour comprendre comment le client réagirait, souligne Greta Brugnoli, en faisant un peu de communication pour expliquer d’où venait cette laine et à quoi elle servait ». Elle ajoute : « Globalement tout s’est bien passé, nous avons eu une seule réclamation, de la part de quelqu’un qui trouvait que cela ne sentait pas très bon… ».
À la différence des autres clients de Woola, qui utilisent plutôt des pochettes en papier doublées d’un matelas protecteur en laine, l’e-commerçant se sert davantage des feuilles matelassées de laine, jugées plus pratiques pour l’emballage des bouteilles et des bocaux. L’entreprise les découpe à la taille souhaitée, puis les ferme avec un autocollant.
Avec une activité essentiellement centrée sur l’Italie, un pays où la valorisation des biodéchets est bien plus avancée qu’en France, le calage peut ensuite être adressé vers ce type de collecte. « C’est un "plus" indiscutable, constate Greta Brugnoli, même si nous avons constaté que, finalement, beaucoup de nos clients ne jettent pas, mais réutilisent, les calages en laine en les transformant en jouets pour leurs animaux ou en objets pour la maison ». Le prix ? Il ne constitue pas un sujet : « La différence est vraiment minime », assure la responsable qui indique, désormais, « ne plus jamais vouloir revenir au plastique ».



