Une collaboration pour accélérer la purification des polyoléfines par CO2 supercritique

Le centre technique de la plasturgie IPC et SFE Process s’associent pour développer un démonstrateur industriel et commercialiser cette technologie de décontamination qui permet un retour au contact alimentaire des plastiques recyclés.

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Projet SuperPE
Le procédé SuperPE a démontré la viabilité de la décontamination des polyoléfines par CO2 supercritique.

L’aptitude au contact alimentaire est un paramètre majeur pour l’incorporation de plastique recyclé dans les emballages. Alors que le futur règlement européen sur les emballages et déchets d’emballages (PPWR) devrait imposer, à partir de 2030, l’intégration d’au moins 10% de matière secondaire dans les emballages alimentaires en plastique, polypropylène et polyéthylène pour l’essentiel, à partir de 2030, le recyclage mécanique ne permet pas encore d’atteindre le degré de pureté nécessaire. Quant au recyclage chimique, il n’est pas encore assez déployé pour répondre aux besoins. Une alternative émerge cependant avec la décontamination des plastiques recyclés par CO2 supercritique, comme l’a démontré le projet de recherche SuperPE. Pour aller plus loin, le centre technique industriel de la plasturgie et des composites (IPC) et le constructeur français d’équipements d’extraction au CO2 supercritique SFE Process ont décidé de fonder une coentreprise.

Purification par chromatographie sans solvants

Fort des résultats du projet SuperPE, financé par Citeo et auquel IPC avait participé avec Barbier, Albéa, et trois autres centres techniques ou laboratoires, le Centre technique de la conservation des produits agricoles (CTCPA), le Centre de ressources techniques pour le développement des fluides supercritiques (IFS) et le Laboratoire d’ingénierie des matériaux polymères (IMP), IPC a décidé de poursuivre ses recherches en s'équipant d’une machine semi-industrielle de SFE Process. L’entreprise nancéienne a mis au point, en effet, des systèmes de purification par chromatographie, ceux-ci n’ayant pas besoin de combiner le CO2 supercritique à des co-solvants d’origine pétrochimique. Désormais, le centre technique et son fournisseur entendent répondre aux besoins industriels de la filière. Le contrat de collaboration qu’ils ont signé, qui doit rapidement être suivi de la création d’une filiale commune, vise le développement d’un démonstrateur industriel d’une capacité de 20 000 tonnes par an, d’ici à 2026. Une demande d’homologation du procédé sera également déposée auprès de l’Agence européenne de sécurité alimentaire (Efsa). L’objectif à terme est de commercialiser à grande échelle cette technologie.

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