Une ACV favorable à l’emballage en bois léger

L’université de Valence, en Espagne, a comparé les impacts des emballages en bois et en carton dans la filière des fruits et légumes.

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Emballages légers en bois
Lancé par la fédération espagnole de l'emballage en bois et de ses composants (Fedemco), le label Ecowoox promeut la recyclabilité du bois.

L’emballage léger en bois (ELB) n’a pas la cote auprès du législateur. Le projet de réglementation sur les emballages et les déchets d’emballages (PPWR), en discussion au Parlement européen, fixe des objectifs de recyclage ambitieux, de 25% en 2025 et de 30% en 2030. Or, faut-il encore le dire, en France, par exemple, il n’existe pas à ce jour une filière de recyclage pour les ELB. Boîtes de camembert, bourriches à huîtres et autres cagettes pour fruits et légumes terminent bien dans le bac des déchets d'emballages, mais sont considérés comme des refus de tri et sont donc promis, sauf exception, à la valorisation énergétique, au pire à l'enfouissement. Pour combien de temps encore ? Toute la question est là. À moins que le cadre réglementaire évolue drastiquement, l’ELB risque de disparaître. Quoi qu’il en soit, une nouvelle analyse de cycle de vie (ACV) démontre la relative « neutralité » de ce matériau envers l’environnement, ce qui conduit logiquement à demander s’il serait vraiment utile de s’en priver.

Du berceau à la tombe

C’est l’Observatoire des émissions de gaz à effet de serre de l’université polytechnique de Valence (Espagne) qui s’est attelée à l’étude du sujet, sur demande de l’Association des scieurs et fabricants d'emballages en bois espagnols (Asyfe). L'étude a analysé le cycle de vie des ELB du berceau à la tombe, et comparé les impacts des emballages en bois et en carton dans la filière des fruits et légumes. Le rapport, qui prend en compte toutes les étapes de la transformation de la matière première, y compris la logistique, jusqu'à la gestion des déchets générés par le processus, démontre que le bois est le matériau le plus durable, car son impact sur l'environnement est moindre dans toutes les catégories étudiées. Les résultats sont très positifs en termes d'émissions de gaz à effet de serre, de pollution, d'écotoxicité et de contribution à la sécurité alimentaire. En outre, selon les universitaires, l'emballage en bois possède une empreinte hydrique « pratiquement nulle » lors de la production et offre, de par sa légèreté, de nombreux avantages en matière de logistique.

Séquestration de carbone

D'autres facteurs sont soulignés comme le fait que ce matériau, naturel et renouvelable, contribue activement à la lutte contre le changement climatique grâce à la séquestration du carbone par le biais des arbres qui servent à le produire. D’après les chercheurs, 1 m³ de bois stocke environ une tonne de CO2 et libère 700 kg d'oxygène. Il y a quelques semaines seulement, la fédération espagnole de l'emballage en bois et de ses composants (Fedemco) – la plus importante en Europe dans cette spécialité – lançait Ecowoox, un label censé promouvoir la recyclabilité du bois. La marque de certification de l’Union européenne, réservée uniquement aux emballages en bois, garantit leur recyclabilité complète.

« Les emballages en bois sont les plus durables du marché. Ce fait est encore méconnu de nombreuses entreprises et de la plupart des consommateurs aujourd'hui », a déclaré, à l’occasion de ce lancement, Raquel Aguado, directrice de Fedemco. Et de poursuivre : « Avec Ecowoox, nous voulons mettre en évidence la recyclabilité complète de nos emballages en bois. D'une part, nous voulons fournir aux consommateurs un outil leur permettant de reconnaître ces emballages et de faire des choix de consommation responsables. D'autre part, nous voulons que les entreprises axées sur le développement durable utilisent cette certification comme un élément de différenciation pour leurs emballages. » Il ne manque plus que les filières de recyclage…

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