« Rendre la circularité effective » : telle sera l’orientation du projet que le Syndicat des fabricants d’emballages plastique Elipso prépare pour cet automne. « La filière ne peut plus avancer en ordre dispersé, déclare Gaël Bouquet, son directeur général. Il faut unir les forces, structurer le cap, définir une vision collective, avec un cadre d’engagements associés à des actions concrètes, une trajectoire commune avec des objectifs quantifiés, pilotables et audibles. »
Accompagné par le cabinet 28° Design, Elipso veut coconstruire « une stratégie environnementale cohérente pour la filière ». « L’emballage plastique est au cœur d’un faisceau de tensions, l’exigence environnementale s’intensifie, il faut intégrer les réalités économiques et les représentations sont souvent éloignées du réel, explique le dirigeant. Nous devons donc être à la hauteur pour rendre la circularité effective, faire mieux et viable, et retrouver ainsi de la crédibilité et de la légitimité. »
Le juste emballage plastique
Trois axes sont considérés : la décarbonation, la lutte contre la pollution plastique et la sécurité sanitaire. Et ce, selon trois approches : « d’une logique d’image à une logique de preuve ; d’une posture défensive à une posture contributive ; et d’initiatives isolées à des actions coordonnées ». Pour Elipso, il importe de concevoir le juste emballage plastique « alliant fonctionnalités et performance environnementale », de renforcer la confiance dans les produits et leur fiabilité sanitaire, d’avancer dans une logique de boucle matière et de faire reconnaître le rôle clé de cet emballage dans un système durable. Au cœur du dispositif, des actions concrètes telles que la suppression de la couleur dans les bouchons de bouteilles de boisson. « Cela aurait un impact sur leur sécurité sanitaire, sur leur coût – en réduisant les tests de migration – et sur leur recyclabilité », avance Gaël Bouquet. L’organisation professionnelle travaille sur ce projet avec le Centre technique industriel de la filière agroalimentaire (CTCPA), la Fédération nationale des boissons (FNB), le Syndicat des boissons sans alcool (SBSA) et certains grands groupes de boissons. Autres sujets d’études : le vrac, « pour lequel il faut considérer l’usage réel, notamment les emballages réemployables non réemployés ou la gestion des invendus », et la circularité des emballages médicaux.
« C’est une logique à réinstiller, conclut Gaël Bouquet. Avec une démarche partenariale, il est plus difficile de revenir en arrière. Cela imposera également un bilan, sans concession, au bout de deux ans par exemple. »



