Un calculateur quantique d’IQM a pris ses quartiers dans l’usine d’Eviden, à Angers

Eviden annonce, ce mercredi 9 octobre 2024, avoir installé dans son usine à Angers un calculateur quantique de 5 qubits, fourni par le finlandais IQM. Le fabricant français de supercalculateurs souhaite que sa clientèle se familiarise avec cette technologie.

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La machine d'IQM, dotée de 5 qubits supraconducteurs, installée dans le centre de performances de l'usine d'Eviden, à Angers.

Il n’y a aucune incompatibilité entre la réputée douceur angevine et des qubits refroidis à quelques millièmes de kelvin. La preuve est apportée par l’annonce d’Eviden (groupe Atos), ce mercredi 9 octobre : son usine située à Angers, qui fabrique des supercalculateurs, héberge depuis cet été un calculateur quantique du finlandais IQM.

Eviden a attendu le début de l’automne pour officialiser la nouvelle, le système n’étant opérationnel que depuis la semaine dernière. L’entreprise française ne communique pas la nature ou le montant de la transaction. A la tête des départements IA/HPC et calcul quantique d’Eviden, Cédric Bourrasset évoque « un investissement partagé (avec IQM) pour cette machine-là ».

Le calculateur en question, qui appartient à la gamme Spark d’IQM, comporte 5 qubits supraconducteurs, une technologie similaire à celle d’IBM, de Google ou encore d’Alice&Bob en France. « Il est raccordé à notre environnement de test et bientôt à notre système d’émulation Qaptiva », précise Cédric Bourrasset.

Eprouver la robustesse des algorithmes quantiques

Lancé en 2023, Qaptiva est le successeur de l’émulateur QLM (quantum learning machine). Il a pour vocation de fédérer un écosystème autour du calcul quantique et de stimuler le développement d’applications et d’algorithmes quantiques.

Avec la mise en place de ce calculateur quantique, Eviden entend favoriser la prise en main de cette technologie. « L’intérêt est d’offrir à nos clients et à nos étudiants la possibilité de tester des algorithmes quantiques et des applications sur une machine réelle, ce qui va plus loin que ce qu’on l’on proposait historiquement avec notre émulateur », déclare Cédric Bourrasset.

« Ensuite, poursuit-il, nous pouvons former nos équipes à l’hybridation du calcul classique et du calcul quantique, ce qui requiert une montée en compétence en matière d’installation, de support… Enfin, notre équipe R&D, en procédant à des expérimentations sur ce matériel quantique, pourra affiner nos couches d’émulation et les modèles de bruit codéveloppés avec IQM. »

L’arrivée du calculateur d’IQM a requis « l’extension du centre de performances HPC (high performance computing, ndlr) où l’on teste nos machines, indique Cédric Bourrasset. Nous avons réalisé des travaux supplémentaires d’isolation contre le bruit et les vibrations ». Les qubits, faut-il rappeler, sont des petits êtres hypersensibles. IQM s’est occupé notamment de l’aspect cryogénique pour opérer le calculateur quantique.

Pourquoi IQM et pas un autre fournisseur de machine quantique ? « C’est l’un des premiers partenaires avec lequel on a travaillé sur le quantique, répond Cédric Bourrasset. Ils ont été présents assez tôt en Europe. Et c’est aussi une question de souveraineté européenne.»

Une collaboration avec IQM déjà active en Allemagne

Eviden a déjà collaboré avec le finlandais pour l’addition, il y a quelques mois, d’un calculateur quantique de 20 qubits à un supercalculateur du centre de calcul haute performance de Leibniz (LRZ), en Allemagne.

« On a mis en œuvre la partie logicielle et l’intégration du calculateur avec le LRZ, qui était déjà un client Qaptiva, fait remarquer Cyril Allouche, qui dirige la R&D sur le calcul quantique à Eviden. On a développé des compilateurs et on a énormément caractérisé cette puce à 20 qubits. Aujourd’hui, nos modèles sont d’une précision inégalée, ce qui est important pour affiner les algorithmes. »

L’émulation est indispensable. « Aujourd’hui, l’exécution d’un programme sur un calculateur quantique reste lente, de l’ordre de plusieurs minutes, explique Cyril Allouche. Les centres de calcul et les utilisateurs demandent donc une préqualification grâce à la simulation numérique, avant de réserver la machine pour plusieurs heures. »

Eviden donne rendez-vous au salon Supercomputing, qui se déroule en novembre prochain à Atlanta (Etats-Unis), pour de prochaines annonces sur le sujet du quantique.

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