Un « Beauty Industry Package » pour éviter le décrochage industriel du secteur des cosmétiques

Parmi les cinq priorités identifiées par la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), plusieurs concernent directement les emballages, de plus en plus coûteux à adapter et au cœur de l’agenda environnemental.

Réservé aux abonnés
Cosmétiques parfums
La cosmétique française réalise 40 % de ses exportations au sein de l’Union européenne.

Face aux menaces pesant sur le leadership mondial de la cosmétique française, la Fédération des entreprises de la beauté (Febea) monte au créneau. L’organisation professionnelle, qui fédère près de 350 entreprises du secteur, a publié un plan stratégique intitulé « Beauty Industry Package », assorti de cinq axes de réforme. Objectif : maintenir la compétitivité d’une filière qui emploie 300 000 personnes en France et affiche un excédent commercial de 17,6 milliards d’euros en 2024.

Parmi les leviers identifiés, les emballages occupent une place centrale. « Le secteur est déjà pleinement engagé dans la transition environnementale avec le Plastic Act, mais il doit composer avec une inflation réglementaire qui fragilise son agilité industrielle », alerte la Febea. En ligne de mire : les exigences du règlement européen sur les emballages et les déchets d'emballages (PPWR), qui imposeront la recyclabilité de tous les emballages dès 2030 et l’intégration de plastique recyclé dès 2030, puis 2040. « L’accessibilité de telles ressources, explique la fédération, et notamment une tension sur le plastique recyclé au niveau de l’amont de la chaîne de valeur, laissent entrevoir des difficultés en termes de mise en conformité. »

Dématérialiser l'information

« Le risque, c’est que les spécificités de nos emballages ne soient pas prises en compte, ce qui entraînerait des difficultés techniques majeures, une tension sur les matières premières et un impact économique très élevé », précise la fédération. Elle appelle à des délais réalistes et une rédaction des textes secondaires adaptée à la réalité des acteurs cosmétiques.

Autre revendication : la possibilité de dématérialiser l’information à destination des consommateurs. L’objectif est double : réduire les coûts de mise à jour des emballages – estimés à plusieurs centaines de milliers voire millions d’euros, selon la taille de l’entreprise –, et limiter le gaspillage lié aux emballages secondaires, notamment pour les formats inférieurs à 20 ml, qui représentent à eux seuls 50 % du marché. « La numérisation des données renforcera également la transparence et l’authentification des produits, contribuant ainsi à la lutte contre la contrefaçon », souligne la Febea, qui anticipe aussi l’arrivée du passeport numérique produit dans le cadre du règlement européen sur l’écoconception (ESPR).

Enfin, la fédération insiste sur la nécessité d’harmoniser les cadres réglementaires entre États membres pour éviter les surtranspositions et divergences d’interprétation. « L’affichage environnemental, les obligations Agec ou encore les logos comme Triman ne doivent pas aboutir à une fragmentation du marché intérieur au détriment des PME. » Alors que la cosmétique française réalise 40 % de ses exportations au sein de l’Union européenne, la Febea demande que le marché européen reste un socle stratégique pour la filière, et non un terrain d’incertitude normative.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs