Un AMR made in Seine-et-Marne

Easymov robotics et Yahtec se sont associés pour mettre au point un robot mobile autonome destiné au transport de marchandises dans les usines et les entrepôts.

 

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Forx
Le Forx, ici en action au dernier SITL, à Paris Nord Villepinte, peut transporter des charges palettisées pesant jusqu’à 1,2 tonne.

Forx : tel est le nom du gerbeur électrique autonome mis au point par Easymov robotics et Yahtec. La rencontre entre ces deux entreprises, la première spécialisée dans les logiciels pour robots, la seconde dans la fabrication de chaudières industrielles, date de la fin des années 2010. « Nous avions besoin de déplacer des charges dans notre usine de chaudières, et donc d’investir dans des robots mobiles autonomes (AMR), mais les fournisseurs ont mis tellement de temps à nous répondre qu’à la fin nous avons décidé de nous lancer nous-mêmes dans cette activité », raconte Yves Cazar, Pdg de Yahtec, et aujourd’hui de Forx.

Les deux entreprises décident de fonder la start-up Forx, et de lancer leur premier AMR. Celui-ci était présenté, pour la première fois au public, lors du dernier Salon international du transport et de la logistique (SITL), à Paris-Nord Villepinte, le mois dernier. « Nous nous sommes servis de notre propre expérience pour développer cette machine, déclare Yves Cazar, nous avons avant tout cherché un matériel simple à utiliser, facile à mettre en œuvre et à intégrer ». Assemblé à Meaux, en Seine-et-Marne, Forx est capable de déplacer des charges palettisées pesant jusqu’à 1,2 tonne et de les manipuler, par exemple pour les ranger dans un rack, à 2,7 m de hauteur. La batterie, au lithium, est capable de tenir sa charge sur une durée comprise entre 8 et 14 heures, en fonction des tâches effectuées.

Obstacles en mouvement

« Il s’agit d’un AMR très sûr, équipé de sept Lidar, permettant de déceler les obstacles, y compris ceux en mouvement, tout autour de lui », indique Gérald Lelong, directeur général de Easymov robotics. Forx se déplace à une vitesse maximale de 1,2 m par seconde, soit 4,3 km/h. La navigation est effectuée au moyen d’une connexion 4G, évitant la mise en place d’infrastructures plus complexes. « Chaque engin fonctionne de manière indépendante, mais communique avec les autres ce qui permet aux entreprises dimensionnées d’utiliser des flottes composées de plusieurs véhicules », précise Gérald Lelong. Mais le plus intéressant demeure le modèle économique choisi par l’entreprise : « Nous ne vendons pas nos gerbeurs électriques, nous les louons, cela évite d’une part à nos clients d’immobiliser des sommes importantes et leur permet, d’autre part, de disposer d’un matériel évolutif, sans qu’ils n’en supportent les coûts » argumente Yves Cazar. Il en coûtera un budget mensuel de 1600 euros, en moyenne, par appareil.

Maintenance à distance

Équipés, outre les Lidars, de quatre capteurs de position de palette, de deux capteurs de présence au sol et d’un capteur de poids pour les charges transportées, les Forx intègrent les logiciels de navigation et de commande. Ils sont également connectés avec le site du fabricant, de manière à permettre à celui-ci d’effectuer du dépannage à distance ou de la maintenance préventive. Les Forx ont fait leurs preuves à l’usine de Meaux où ils sont fabriqués : trois appareils tournent depuis maintenant deux ans. Un voisin, Tecma Aries, basé à Coulommiers (Seine-et-Marne) et dont la spécialité est de fabriquer des machines d’emballage, est en train de tester la technologie. 

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