Trois start-up pour transporter et stocker l’hydrogène

Les défis posés par le gaz léger stimulent la recherche d’innovations de rupture. L’usage de vecteurs liquides ou solides de l’hydrogène comme le renforcement des réservoirs avec du graphène sont des pistes prometteuses.

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Mahytec et ses hydrures métalliques

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MAHYTEC MAHYTEC

L’innovation développée par Mahytec, une société fondée en 2007 par quatre enseignants-chercheurs de l’université de Franche-Comté, est une poudre qui stocke de l’hydrogène. La start-up maîtrise une technologie de stockage solide à de faibles quantités d’hydrogène par hydrures métalliques. Conçue en 2014, cette solution repose sur une poudre « intermétallique » constituée d’hydrures à base de fer, de titane et de nickel qui vont apporter une capacité d’absorption de l’hydrogène. Cette poudre est insérée dans une enveloppe équipée d’un échangeur de chaleur. Une fois l’hydrogène injecté, la molécule « s’incruste dans l’intermétallique et elle y restera prisonnière à pression atmosphérique et température ambiante », explique Mathilde Bangoura, la responsable marketing de Mahytec. Un chauffage suffit à libérer l’hydrogène, dont la pression de sortie atteint jusqu’à 10 bars. « Ce procédé ne nécessite qu’un faible apport de chaleur, pour arriver à 50 °C, contrairement aux hydrures au magnésium qui ont besoin de plus de 300 °C », ajoute-t-elle. Inversement, pour le rechargement, l’intermétallique doit être refroidi. Mesurant 40 cm de longueur pour un diamètre de 7 cm, ce réservoir se destine aux applications universitaires et militaires.

HSL Technologies et son vecteur liquide

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Hysilabs Hysilabs

HSL Technologies (ex-HySiLabs) a été créé en 2015, après une quinzaine d’années de recherches au sein des laboratoires d’Aix-Marseille Université. L’entreprise a développé un vecteur liquide non organique, dérivé de la silice (SiO2), pour stocker et transporter l’hydrogène sans risque de fuite ni d’explosion. L’étape de charge de ce vecteur par de l’hydrogène consiste à créer des liaisons Si-H, en libérant de l’oxygène. La molécule obtenue est stable à pression atmosphérique et à température ambiante. Elle peut se transporter comme un carburant standard, selon la start-up. La décharge de l’hydrogène sous forme gazeuse se fait à la demande, en mélangeant le vecteur liquide à de l’eau avec « un système de la taille d’un carburateur », selon Pierre-Emmanuel Casanova, le fondateur de HSL Technologies. Le procédé ne demande un apport d’énergie que pour la phase de charge. En outre, avec une capacité de stockage de 8,7 %, ce vecteur « surpasse de sept fois la capacité volumique des camions haute pression, autour de 2 % », souligne Pierre-Emmanuel Casanova. Après une première levée de fonds de 2,5 millions d’euros en 2018, la start-up a récolté 13 millions en janvier 2023.

Carbon Waters et ses composites au graphène

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Carbon Waters Carbon Waters

Dérivé du carbone, le graphène résiste à la corrosion. Il est deux cents fois plus robuste que l’acier, avec des propriétés barrières. Il « se révèle être une solution prometteuse pour renforcer les réservoirs d’hydrogène », avance Lucie Chupin, la responsable des projets R&D de Carbon Waters. Créée en 2017 à Pessac (Gironde), la start-up s’appuie sur un procédé breveté de production de graphène par exfoliation chimique. Elle produit ainsi des feuillets de graphène d’une épaisseur inférieure à 3 nanomètres sur une largeur de 1 micromètre, en dispersion liquide. Ces disséminations de graphène remplacent des additifs toxiques et peuvent être utilisées dans les peintures, ce qui améliore la durée de vie des composants électroniques et le renforcement mécanique des composites. Depuis fin 2023, Carbon Waters travaille sur des résines polymères chargées au graphène. Elles optimisent les performances mécaniques et l’étanchéité des réservoirs. « Renforcés au graphène, ces derniers perfectionnent jusqu’à 60 % leurs propriétés mécaniques, selon des tests en traction », indique Lucie Chupin. La start-up ambitionne de fournir, dès 2025, des additifs prêts à être intégrés dans la fabrication de composites avancés.

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