«Une procédure d’information consultation a été lancée, qui pourrait aboutir à la cessation d’activité des Papeteries de Dijon SAS et à la fermeture du site de production de Dijon.» C’est en ces termes que Tetra Pak vient d'annoncer ce qui représenterait un véritable coup de massue pour la capitale bourguignonne en cas de concrétisation. Mais qui pourrait en douter au vu des arguments avancés ? Le leader mondial des emballages de liquides alimentaires en carton justifie la procédure par la baisse des volumes de production et l’augmentation des coûts de production. Malgré d’importants investissements«dans l’efficacité opérationnelle» et l’accroissement des volumes d’exportation, «la situation n’est plus viable», souligne-t-il. 207 salariés seraient impactés. La décision n’est pas attendue avant trois mois, au minimum, selon un porte-parole du groupe. L'arrêt de la production interviendrait en septembre 2025.
Un taux d’utilisation tombé à 65%
Installée à Longvic, dans l’agglomération dijonnaise (Côte-d’Or), depuis 1971, l’usine Papeteries de Dijon, qui produit des bobines servant à la fabrication de briques en procédé FFS, est considérée comme un référent technologique du groupe d’origine suédoise. Mais elle est confrontée à la perte de vitesse de ces emballages sur le marché des boissons, en particulier en France, et aux hausses des coûts des matières premières et de l’énergie. Dans un communiqué, Tetra Pak fait état d’une diminution des volumes de production de 15% entre 2019 et 2023, et de 24% sur le marché domestique. «Par conséquent, le taux d’utilisation de l’usine a baissé de 71 à 65% au cours de la même période.» Dans le même temps, les coûts de production ont grimpé de 24,4%. Et, selon l’entreprise, les mesures prises pour améliorer la situation n’ont pas suffi, «notamment l’augmentation des volumes destinés à l’export et des investissements de 33 millions d’euros dans de nouvelles technologies et capacités opérationnelles».
Une cellule de prévention des risques psychosociaux
Sur le plan social, Tetra Pak indique que «les salariés de Dijon seront une priorité». De citer, «si le site cesse ses activités à l’issue du processus», un soutien «à travers plusieurs options comme des mesures de formations d’adaptation ou de reconversion et/ou par le biais de créations d’entreprise». Compte tenu de l’impact de l’annonce, une cellule interne de prévention des risques psychosociaux est d’ores et déjà mise en place. Cela n'empêche pas les organisations syndicales de dénoncer une «décision brutale» qui, de surcroît, aura «un impact environnemental majeur du fait de l'import de l'emballage alimentaire».
Les autres activités préservées

- 120-3.15
Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Mais réduction de l’empreinte industrielle ne signifierait pas désengagement du marché français. «La France reste un marché clé pour le groupe», réitère le groupe, dont le chiffre d'affaires dans l'Hexagone s'élevait, de source syndicale, à 308 millions d'euros en 2023. En cas d’arrêt de l’activité, la production de bobines serait transférée à d’autres sites de Tetra Pak en Europe. Et les autres activités ne seraient pas affectées, ni le siège social à Puteaux (Hauts-de-Seine), ni l’usine de bouchons et capsules de Châteaubriant (Loire-Atlantique), ni l’unité du May-sur-Evre (Maine-et-Loire), qui rassemble un centre de développement de produits et un centre d’excellence pour l’ingénierie du traitement des poudres.
Tetra Pak n'évoque pas à ce stade la recherche d'un repreneur, en application de la loi du 29 mars 2014 dite "Florange".
Société de Tetra Laval, qui possède Sidel, le spécialiste du soufflage des bouteilles en polyéthylène téréphtalate (PET), Tetra Pak a réalisé un chiffre d’affaires de 12,7 milliards d’euros en 2023, emploie 24 300 salariés et compte 51 usines dans le monde.



