Dès leur entrée au Sido, salon qui s'est tenu les 21 et 22 septembre à la Cité internationale de Lyon, près de 6000 visiteurs se sont retrouvés immergés dans un monde foisonnant de technologies IoT, d'IA et de la robotique. L'affluence a été notamment au rendez-vous autour des démonstrations de bras de robots intelligents qui se meuvent et exécutent des tâches complexes avec précision. Vision 3D, apprentissage par biomimétisme et par renforcement... I&T met en lumière trois startups présentées au salon, qui combinent la puissance des machines à l'intelligence artificielle au service de l’industrie manufacturière.
Inbolt couple vision 3D et IA
Fondée en 2019 par trois entrepreneurs, Albane Dersy, Rudy Cohen et Louis Dumas, la start-up parisienne Inbolt a mis au point GuideNOW. Cette solution permet à un cobot de localiser et de suivre des pièces en mouvement en temps réel, lui permettant ainsi de s'adapter quasi-instantanément à leur trajectoire. Elle associe une caméra 3D intégrée à un robot avec une intelligence artificielle de localisation en temps réel, appelée Inbrain. Cette combinaison est complétée par GuideNOW Studio, une application web pour l'entraînement personnalisé des algorithmes d'IA pour chaque pièce à partir de son modèle CAO ou de son scan 3D.
Selon Inbolt, cette solution simplifie l'automatisation de tâches sur les lignes de production en continu et augmente leur efficacité en réduisant les interruptions de production. La jeune pousse cible principalement les secteurs de l'automobile, de l'électroménager, de la logistique, de l'électronique et de l'aérospatiale.
Cog. Engines apprend au robot à séparer, trier et positionner de petites pièces en vrac
L'apprentissage par renforcement est au cœur de la solution développée par Cognitive Engines (Cog. Engines). La start-up bordelaise, lancée en 2019, a créé une solution de vision 3D qui permet aux robots industriels de trier efficacement de petits objets en vrac, tels que des flacons ou des cartes électroniques, et de les aligner sur des plateaux qui entrent ensuite dans des machines d'assemblage à haute vitesse.
La spécificité de l'approche de Cog. Engines consiste à remplacer la programmation des robots par un entraînement : l’opérateur guide initialement le robot, équipé d’une caméra 3D, en lui montrant la manière dont la tâche doit être effectuée. Le robot observe, cherche à reproduire le geste avec précision, puis affine son action. Lorsqu'il réussit, l'opérateur récompense le robot en appuyant sur un bouton vert, mais en cas d'erreur, c'est le bouton rouge qui est enfoncé. Cet apprentissage par renforcement permet au robot de construire une sorte de bibliothèque d'exemples pour prendre des décisions.
AICA donne aux robots un sens du toucher
Spin-off du LASA (Learning algorithms and system laboratory) de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, AICA.Tech a été créée en 2019 par Baptiste Busch, Fabien Antonatos et Enrico Eberhard. La jeune pousse suisse fournit un logiciel intelligent qui combine des modules d'intelligence artificielle avec une programmation graphique simple, pour accroître l'efficacité et la flexibilité des robots et des cobots.
La startup identifie les zones où des améliorations sont nécessaires et les traduit ensuite en solutions automatisées. La méthode d'optimisation sur mesure repose sur deux piliers : l'apprentissage par renforcement et le contrôle de force en boucle fermée afin d'ajuster la force de préhension et la position. Cette combinaison offre aux robots une sensibilité tactile qui leur permet d'apprendre et de s'adapter de manière autonome aux variations au sein d'une chaîne de fabrication. Concrètement, cela signifie que les robots programmés avec la technologie d'AICA peuvent détecter et réagir aux changements inattendus dans leur environnement. Par exemple, ils peuvent adapter leur mouvement pour insérer avec précision une boîte de vitesses mal positionnée, sans intervention humaine.



