Safran et TotalEnergies s’allient pour faire décoller les carburants durables

Safran et TotalEnergies ont signé un partenariat visant à améliorer la compatibilité entre les carburants durables et les moteurs d’avions. Ils vont aussi sensibiliser acteurs publics et privés pour engager un cercle économique vertueux.

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Safran et TotalEnergies s'allient pour améliorer la compatibilité entre les moteurs et les carburants aériens durables (SAF). Pour la production de masse, il va falloir attendre encore un peu...

Aller au-delà des frontières traditionnelles du transport aérien. Le leitmotiv qui s’est désormais imposé dans le secteur aéronautique dans le but de réduire l’empreinte carbone des avions prend peu à peu forme. Le partenariat que viennent de signer Safran et TotalEnergies, dévoilé lundi 27 septembre, en est l’illustration. Le motoriste et le producteur d’énergie s’allient en vue de favoriser l’utilisation des carburants aériens durables (SAF, pour Sustainable Aviation Fuel).

L’objectif de ce partenariat consiste à obtenir la meilleure compatibilité entre les moteurs d’avions existants et une utilisation maximale de SAF, autrement dit un taux d’incorporation de 100%. Un défi technique, alors que pour la plupart de la petite dizaine de filières existantes de SAF, les moteurs sont aujourd'hui certifiés pour un taux maximum de 50% (soit un mélange à 50-50 avec du SAF et du kérosène). Pas si simple, alors que le comportement physico-chimique des SAF diffère quelque peu du kérosène traditionnel tout au long du circuit carburant.

Un optimum à trouver

Moins bonne évaporation causant des problèmes d’allumage pour certains, moindre présence de cycles aromatiques diminuant de facto l’étanchéité des joints pour d’autres… Entre l’ajout de possibles additifs chimiques et la possibilité d’effectuer des modifications au niveau du moteur, Safran et TotalEnergies vont devoir définir par itération un optimum permettant de garantir à la fois les performances des systèmes propulsifs et la capacité à fournir un carburant économique. Les deux entreprises vont effectuer des travaux de recherche communs et mener ensemble des essais.

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Les deux industriels resserrent des liens déjà noués ensemble. Safran a fait appel à Total Energies pour fournir du SAF – issu de la filière HEFA – pour à son banc d’essai au sol sur son site de Bordes (Pyrénées-Atlantiques). Un moteur d’hélicoptère fonctionne depuis cet été avec 100% de SAF et a commencé à livrer ses premiers résultats. Les deux groupes font aussi partie des poids lourds ayant participé début 2020 à l’appel à manifestation d’intérêt visant à faire émerger une filière de production.

Car l’enjeu, pour les acteurs du transport aérien, est de faire décoller ces SAF. C’est le levier le plus accessible et efficace à moyen terme pour parvenir à tenir l’engagement d’une division par deux des émissions de CO2 du secteur en 2050, par rapport à 2005. Mais si la substitution du kérosène conventionnel permet de réduire de 80% les émissions de CO2, sur la base du cycle de vie complet du carburant, leur utilisation reste anecdotique. Les SAF représentent environ 0,01% de la consommation actuelle de carburant. Une goutte dans un océan de pétrole.

Production de masse

Signe d’une accélération du calendrier, et peut-être d’un début de changement d’échelle : en juin dernier, Safran annonçait son ambition commune avec Airbus de réussir à faire certifier un avion fonctionnant à 100% avec du SAF d’ici à la fin de la décennie. Un objectif qui passe par la mise au point d’un optimum technologique SAF-moteur vers 2025. Dans le cadre de ce projet dénommé Volcan, pour VOL avec carburants alternatifs nouveaux, un Airbus A320neo équipé du moteur Leap de CFM (société commune entre Safran et General Electric) effectuera à Toulouse un vol utilisant 100% de SAF d’ici à la fin de l’année.

Mais les industriels le savent. Une fois la compatibilité atteinte entre les moteurs et les SAF, le véritable enjeu à relever sera celui de la production de masse. Elle seule, permettra de rendre le prix de ces carburants plus acceptable. Ils restent encore trois à cinq fois plus chers que le kérosène. Entre la difficulté en amont de s’approvisionner en matières premières et le surcoût que représentent ces SAF pour les compagnies aériennes en aval, les industriels cherchent des soutiens tous azimuts. Au-delà des enjeux techniques, Safran et TotalEnergies vont aussi chercher à sensibiliser acteurs publics et privés pour faire décoller ces SAF, prometteurs mais marginaux.

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