Dans les emballages réemployables pour la vente en ligne, les pochettes RePack font figure de solutions anciennes et éprouvées. Lancées il y a une douzaine d’années, elles sont certes plus avancées que d’autres, mais en sont encore au stade des développements commerciaux.
Derrière cette invention, se trouvent trois hommes, fondateurs de l’agence de design durable Peruste, à Helsinki (Finlande) : un consultant en développement durable, spécialiste des cultures urbaines européennes, Jonne Hellgren, qui pilote le projet, et deux designers industriels, Juha Mäkelä et Petri Piirainen. En 2010, ils ambitionnent de créer des emballages plus écoresponsables pour le commerce électronique et pensés pour les consommateurs. S’inspirant du système de consigne pour réemploi des bouteilles, « qui fait partie intégrante de la vie quotidienne chez nous », indique Jonne Hellgren, ils travaillent notamment avec la poste finlandaise, l’un de leurs premiers clients, pour imaginer « un produit pratique et facile à retourner, gratifiant et respectueux de l’environnement ». Malgré l’échec de leur première réalisation, l’approche est très appréciée. Après l’exploration de plusieurs modèles et matériaux, en 2013, les trois associés optent finalement pour une pochette textile à base de polypropylène (PP) recyclé, « à la fois durable et recyclable » – « mais nous étudions des matériaux renouvelables », signale Jonne Hellgren –, avec une fermeture autoagrippante. Elle est disponible en trois formats de 0 à 6 litres, 6 à 21 litres et 20 à 45 litres, et est personnalisable. Dotée d’une étiquette de retour prépayé, une fois vidée, elle est conçue pour se plier au format lettre, être renvoyée en étant déposée dans une boîte postale, sans affranchissement, partout dans le monde, et servir ainsi au moins pour une vingtaine d’acheminements.
Expérience et savoir-faire
Aujourd’hui, les emballages RePack sont utilisés par des enseignes et des marques telles que Zalando, Inditex, Decathlon, Oysho, Ganni, Royal Canin ou Amazon, et assurent plus de 100 000 rotations annuelles. « Ce qui nous confère expérience et savoir-faire », observe Jonne Hellgren. Souvent copiés, ils évoluent : de nouveaux produits sortent, intégrant un système d’inviolabilité plus sûr, et offrant une meilleure efficacité « time-to-pack ». En France, le principal marché de RePack, un partenariat avec La Poste a permis à la start-up d’avancer en termes d’automatisation et de standardisation, afin de surmonter des obstacles techniques sur les chaînes logistiques et de baisser les coûts d’exploitation.
Quant à l’entreprise, ses fondateurs l’ont vendue en 2024 à Oceansix, un spécialiste de la valorisation des plastiques usagés, qui voit dans les emballages réemployables un débouché pour les matières recyclées qu’elle produit. Cet adossement à un industriel favorise le changement d’échelle et l’accélération de son développement en Europe. Par ailleurs, avec Swappie, elle s’est lancée dans le reconditionnement d’iPhones en Europe. « Et je peux me concentrer sur l’emballage sans avoir à traiter les questions administratives et financières », confie le désormais directeur commercial d’Oceansix pour le réemploi, qui s’intéresse aussi beaucoup à l’intelligence artificielle…



