C’est presque fait ! Le projet de règlement qui doit encadrer l’utilisation et la production d’emballages en Europe –la Proposal Packaging and Packaging Waste, plus communément désigné PPWR- a fait l’objet d’un accord à Bruxelles (Belgique), lundi 4 mars. La présidence du Conseil et les représentants du Parlement européen sont parvenus à un compromis sur ce texte qui redéfinit le cadre d’utilisation des emballages. Objectifs : réduire la quantité de déchets, préserver les ressources, baisser les émissions de CO2 et améliorer la sécurité sanitaire.
5 à 15% de déchets d'emballages en moins entre 2030 et 2040
En 2021, chaque européen a produit 188,7 kg (32 kg de plus que 10 ans auparavant) de déchets d’emballages. Un chiffre qui passerait à 209 kg en 2030, en l’absence de mesures supplémentaires. Pour inverser la tendance, les 27 Etats-membres prévoient un objectif en trois temps. D’ici 2030, chacun d'eux devra réduire de 5% son volume de déchets d’emballage. Un taux qui passera à 10% en 2035 et à 15% en 2040 (par rapport aux données de 2018).
100% des emballages recyclés en 2035
Le recyclage des emballages, dont le taux plafonne à 64% (40% pour les contenants en plastique), compte parmi les priorités européennes. Les 27 prévoient que tous les emballages soient recyclables à compter de 2030. Ils devront, en outre, être recyclés en 2035 de manière à dynamiser l’économie circulaire. D’ici là, 90% des matériaux d’emballages (plastique, bois, aluminium, verre carton…) devront être collectés séparément en 2029. L’intégration de matière plastique recyclée est par ailleurs exigée via des taux minimums. Les bouteilles pour boissons devront, par exemple, contenir 30% de matière première issue du recyclage (MPR) d’ici à 2030 et atteindre les 65% d’ici à 2040.
Les plastiques à usage unique ciblés
Les emballages plastiques à usage unique dans la restauration, pour les aliments et boissons consommés sur place seront interdits au 1er janvier 2030. De même que les flacons miniatures de shampoing dans l’hôtellerie, les dosettes de sauces, les emballages de fruits et légumes, les films qui entourent les bagages dans les aéroports... Sont bannis aussi les particules de polystyrène utilisées pour le calage dans les colis et les sacs plastiques ultra-légers (moins de 15 microns), sauf dans quelques cas exceptionnels (pour raisons sanitaires ou prévention du gaspillage).

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
Du papier carton pour la restauration rapide
Défendus à cor et à cripar les producteurs d’emballages et enseignes de restauration rapide en tête, les emballages en papier carton à usage unique, menacé un temps de disparaître pour faire place à de la vaisselle réemployable, échappent aux interdictions.
Le réemploi reste une préoccupation pour l'Europe qui veut d’ici à 2030, développer des solutions adaptées –par réutilisation ou recharge–, avec des niveaux contraignants fixés pour des secteurs comme l’e-commerce, l’électroménager, les boissons, la bière… Le secteur viticole, le lait et les microentreprises en sont toutefois exemptés.
Consigne pour bouteilles sous condition
La mise en place d’une consigne pour les bouteilles en plastique et les canettes métalliques –un sujet sensible en France- sera quant à elle généralisée d’ici 2029. Quelques pays, dont la France, pourraient toutefois y échapper sous réserve d’atteindre un taux de collecte de ces déchets supérieur à 80% en 2026 et d’atteindre les 90% en 2029.
Le texte s’attaque aussi polyfluoroalkylés (PFAS), un produit chimique reconnu nocif mais présent dans bon nombre de contenants comme les boîtes à pizza ou les papiers pour pâtisseries. Ce « polluant éternel » devra avoir disparu à partir de 2026. Cet accord doit encore être soumis aux représentants des Etats membres (Coreper) et à la commission de l’environnement du Parlement. S’il est approuvé, il devra ensuite être adopté par les deux institutions, pour une application à partir de dix-huit mois après la date d’entrée en vigueur.



