L’éolien offshore traîne la pale. Les nouvelles capacités de production de l'éolien offshore à l’échelle mondiale ont atteint 6,1 gigawatts (GW) en 2020, frôlant de près le niveau record de 2019 (6,25 GW), d’après le rapport du 9 septembre du Global Wind Energy Council (GWEC), organisation professionnelle du secteur éolien international. La puissance cumulée du parc atteint ainsi 35,3 GW fin 2020, Soit à peu près 2 % de la capacité qui permettrait d'avoir une chance d’atteindre la neutralité carbone d'ici 2050, selon les estimations de l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA).
« Les gouvernements et l’industrie doivent continuer à travailler ensemble pour réduire significativement les délais dans les projets d’installation de parcs éoliens offshore », a écrit Marc Becker, directeur de l’unité commerciale de l’offshore chez Siemens Gamesa Renewable Energy, en guise d’introduction au rapport. Il ajoute que « le cycle actuel qui dure, dans la plupart des cas, plus de 10 ans (des annonces aux premiers kilowatts d’électricité produits) ne permettra pas d’atteindre les objectifs climatiques ».

Si la croissance du secteur est principalement tirée par la Chine (plus de 3 GW de nouvelles installations), l’Europe concentre, à elle seule, 70 % des capacités de production mondiale, Royaume-Uni en tête en termes de puissance cumulée (voir schéma ci-dessous). Quant à la France, elle ne possède, pour l’heure, que 2 MW d’éoliennes offshore installées.

Pourtant, l'Union européenne (hors Royaume-Uni) vise les 60 GW de production d’électricité par éoliennes offshore d’ici 2030, 300 GW à horizon 2050, comme rappelé dans le rapport du GWEC.
Vers l’éolien flottant
Alors comment accélérer le déploiement ? L’industrie de l’éolien offshore mondial parie en partie sur l’éolien offshore flottant, « 80 %des potentielles ressources éoliennes en offshore se situant au large, à des eaux de plus de 60 mètres de profondeur », est-il souligné dans le rapport. Bonne nouvelle : certaines technologies flottantes n’en sont plus au stade de la recherche, bien qu’elles ne contribuent, pour l’heure, qu’à 0,1 % du total des installations éoliennes. « Nous avons revu à la hausse nos pronostics concernant l’éolien offshore flottant et prévoyons désormais que 16,5 GW de flottants seront sans doute installés dans les 10 prochaines années », est-il inscrit dans le rapport.
Pour concrétiser ces prévisions, différentes technologies de flotteurs existent. La plupart des projets se fondent aujourd’hui sur les plateformes de types « spar » (à hauteur de 56 %), à savoir « une fondation immergée à ballast stabilisé, dotée d’ancrage caténaires permettant de la fixer par simple accrochage au fond marin », d’après Les Energies de la mer. Mais le GWEC pointe qu’« un renversement clair » en faveur des plateformes « semi-submersible » est à l’œuvre, « une plateforme semi-visible en surface, qui utilise un dispositif de type "barge" ancré au fond par des câbles grâce à des ancrages caténaires », selon la même source.
Côté turbine, des innovations sont également en cours. La capacité nominale de chaque turbine, installée il y a 20 ans au sein de la première ferme éolienne offshore, à Vindeby au Danemark, atteignait 450 kW. Aujourd’hui, la capacité moyenne d’une turbine est de l’ordre de 6 000 kW, atteignant même 8 300 kW en Europe.



