Quantique : Welinq et Qphox s'associent pour interconnecter les ordinateurs à qubits supraconducteurs

Le français Welinq, qui développe des mémoires quantiques, et le néerlandais Qphox, qui travaille sur des « modems » quantiques, annoncent leur partenariat ce 25 février. Une collaboration qui pourrait un jour déboucher sur un système capable d’interconnecter des ordinateurs à qubits supraconducteurs sur de longues distances, par fibre optique.

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A gauche, Simon Groeblacher, PDG et cofondateur de Qphox; à droite, Tom Darras, PDG et cofondateur de Welinq.

Mettre en communication des unités de calcul quantique (QPU) fondées sur des qubits supraconducteurs : c’est l’objectif du partenariat entre le français Welinq et le néerlandais Qphox, dévoilé ce mardi 25 février 2025.

Le premier développe des mémoires quantiques, fondées sur des nuages d’atomes de rubidium, qui sont en mesure de stocker et de synchroniser des photons provenant de QPU distincts, en vue d’intriquer ces derniers. L’idée est d’agréger plusieurs QPU pour multiplier le nombre de qubits et favoriser le passage à l’échelle du calcul quantique.

Fondée en 2021, Qphox est une spin-off de l’université technologique de Delft (Pays-Bas). Elle prépare quant à elle des « modems » quantiques pour interconnecter des QPU sur de longues distances au travers de fibres optiques. Pour nourrir ses ambitions, la deeptech néerlandaise a levé 8 millions d’euros début 2024 – un financement auquel a participé le fonds d’investissement Quantonation.

Pour faire advenir ce genre de calcul quantique parallèle et distribué, Qphox a mis au point une nanotechnologie qui convertit des photons du domaine microonde (300 MHz à 300 GHz), issus du QPU, au domaine optique (300 GHz à plusieurs centaines de térahertz), et réciproquement.

Démonstration expérimentale pour les qubits supraconducteurs de Rigetti

Décrit dans Nature Nanotechnology en 2023, ce transducteur bidirectionnel, agnostique (il fonctionnerait avec tout type de qubit), est équipé de deux interfaces : l’une est piézoélectrique, couplant les microondes et des vibrations mécaniques, et l'autre est optomécanique, produisant un signal optique à partir de ces mêmes vibrations.

Qphox a montré expérimentalement que son nano-transducteur était capable de lire l’état d’un qubit supraconducteur, moyennant une fidélité de 81%. Réalisée conjointement avec Rigetti (entreprise américaine qui conçoit des QPU à base de qubits supraconducteurs) et Qblox (autre néerlandais spécialiste de l’électronique de contrôle pour le quantique), l’étude a paru début février dans Nature Physics.

Ensemble, Welinq et Qphox projettent donc d'élaborer un système complet pour gérer, synchroniser et distribuer l’information quantique entre plusieurs QPU. La deeptech française, qui a déjà noué des partenariats avec Pasqal (qubits à atomes neutres) et Quandela (qubits photoniques), ajoute désormais les qubits supraconducteurs à son tableau de chasse, via les travaux de R&D entre Qphox et Rigetti. Elle prévoit de sortir son premier produit commercial, qui tiendrait dans un rack de 19 pouces, d’ici à la fin de l’année.

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