Au moins un chat sur la planète ronronne de bonheur : le petit félin qui sert d’emblème à Alice&Bob. La deeptech francilienne, qui conçoit des ordinateurs quantiques à base de qubits supraconducteurs, annonce ce mardi 28 janvier 2025 une levée de fonds de série B de 100 millions d’euros.
Les investisseurs ayant participé en mars 2022 à la levée de série A (27 millions d’euros) lui ont réitéré leur confiance : Bpifrance, bien entendu, ainsi qu’Elaia Partners, Breega et Supernova Invest.
Alice&Bob fait mention de deux nouveaux venus, Axa Venture Partners et Future French Champions, un fonds codétenu par Bpifrance et QIA, le fonds souverain du Qatar. S’y ajoutent des financeurs publics, dont le Conseil européen de l’innovation et la Région Île-de-France.
En France, jusqu’à présent, seul Pasqal, qui mise sur des qubits à atomes froids, avait empoché la même somme record dans le secteur du calcul quantique. C’était en janvier 2023.
Protection native contre le bit flip
Les qubits d’Alice&Bob sont particuliers : ce sont des qubits de chat, en hommage au célèbre chat de Schrödinger. Leur architecture les protège nativement contre les « bit flips » (renversement de bit), l’une des deux erreurs (avec le phase flip, retournement de phase) affectant les qubits.
Un atout qui explique pourquoi la deeptech, depuis ses débuts, parie sur le calcul quantique tolérant aux fautes, alors que les machines quantiques disponibles actuellement sont bruitées : elles commettent encore de nombreuses erreurs (de l’ordre de 1 toutes les 1000 opérations), ce qui limite fortement leur potentiel applicatif.
Attendue en 2030 depuis la publication de la feuille de route en décembre dernier, la puce Graphene d'Alice&Bob devrait ainsi comporter 100 qubits logiques – un qubit logique étant un ensemble de qubits physiques mieux protégé contre les erreurs grâce à un code correcteur d’erreurs quantiques. Aujourd’hui, la puce Boson 4 est disponible sur le cloud, offrant aux chercheurs la possibilité d’expérimenter le qubit de chat.
Près de la moitié des fonds financera la construction d’une salle blanche, dont l’emplacement n’est pas encore communiqué. L’enjeu est de fabriquer des qubits de chat de meilleure qualité dans un environnement privatif mieux contrôlé, grâce à des outils de production qui ne sont pas mutualisés. L’autre moitié des fonds servira à recruter des talents intéressés par l’aventure du calcul quantique.



