La balance penche finalement pour… la France. Après plusieurs mois de réflexion, Safran a décidé d’implanter sa future usine de moteurs électriques à Niort, dans les Deux-Sèvres. L’industriel hésitait avec un autre site existant, implanté à Pitstone (Royaume-Uni). «Le site anglais sera responsable de certaines pièces, mais c’est bien celui de Niort qui sera chargé de l’assemblage final des moteurs », a confié à L’Usine Nouvelle Olivier Andriès, le directeur général du groupe, en aparté du Paris Air Forum organisé vendredi 16 juin par La Tribune.
Il y avait urgence à trancher. Car Safran mise sur une commercialisation imminente de sa gamme de moteurs électriques ENGINeUS, dévoilés en 2018. Des équipements dédiés aux petits aéronefs électriques, tels ceux des français VoltAero et Aura Aero mais aussi de l’américain Bye Aerospace. L’industriel a en ligne de mire la certification du premier modèle, l’ENGINeUS 100 (pour 100 kW) fin 2023. Et compte livrer les premiers exemplaires du moteur en 2024. «Il faut aller vite», glisse Olivier Andriès.
Niort, un site historique de Zodiac
Si le dirigeant ne donne à ce stade aucune prévision quant au montant de l’investissement, la future usine sera sans aucun doute hautement automatisée. Car pour garantir la compétitivité-prix d’un tel équipement, plus simple d’un point de vue technique qu’un moteur thermique, il faut être en mesure de le produire à moindre coût. Le choix de Niort s’explique aussi par la présence d’un site existant spécialisé dans les équipements électriques, appartenant à Zodiac avant son acquisition par le motoriste.
Le site bénéficiera indirectement des aides annoncées par Emmanuel Macron ce même jour, sur le site de Safran à Villaroche (Seine-et-Marne). Le train de mesures comprend un soutien spécifique de 50 millions d’euros dédié aux petits aéronefs électriques, hybrides ou à hydrogène. De quoi réjouir le patron de Safran, qui salue au passage l’initiative du président de la République. «Concernant l’aide de 300 millions d’euros destinée à la R&D, nous demandions au départ une aide supplémentaire, mais il correspond au seuil minimal permettant de maintenir une solidarité de la filière, 30% de cette somme bénéficiant aux PME», souligne Olivier Andriès.



