La France a lancé le 4 janvier sa plateforme nationale de calcul quantique qui sera hébergée dans les installations du CEA (Commissariat à l’énergie atomique) à Bruyères-le-Châtel (Essonne) à 40 kilomètres au sud de Paris. Pour préciser les enjeux liés à cette nouvelle plateforme, pas moins de trois membres du gouvernement ont été mobilisés. Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Cédric O, secrétaire d’Etat chargé de la transition numérique et des communications électroniques et Florence Parly, ministre des Armées, se sont ainsi adressés par visioconférence à des représentants de la communauté des chercheurs et spécialistes de ce domaine.
Cette nouvelle plateforme marque le premier résultat concret de la stratégie nationale sur les technologies quantiques, moins d’un an après son annonce par le président Emmanuel Macron. Ce plan national prévoit des actions en faveur de la recherche, de l’industrie, des start-up et de la formation, financées par les programmes d’investissement d’avenir et le plan France Relance à hauteur de 1,8 milliard d’euros. L'enjeu : faire de la France un des leaders mondiaux dans le quantique.
Un financement de 172 millions d'euros
La nouvelle plateforme hébergera des ordinateurs quantiques qui seront hybridés à des supercalculateurs conventionnels et mis à disposition des chercheurs, industriels et militaires. Elle doit leur permettre de s’approprier ces nouvelles technologies et d’effectuer à terme certains calculs jusqu’à 1 milliard de fois plus vite qu’avec une technologie classique.

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L’Inria et le Genci (Grand équipement national de calcul intensif) ont participé à la définition et la mise en œuvre de ce nouvel outil qui associera aux supercalculateurs du CEA des accélérateurs quantiques, dont les fournisseurs n'ont pas été dévoilés. L’Etat a engagé un budget de plus de 72 millions d’euros. Un financement supplémentaire de 100 millions d’euros doit être apporté par les industriels, l’Europe et les collectivités.
A l’occasion de cette annonce, la présence de la ministre des Armées Florence Parly était révélatrice des enjeux portés par les technologies quantiques pour le monde militaire. Clairement, il apparaît que le ministère des Armées jouera un rôle central dans l’exploitation de cette plateforme. Signe qui ne trompe pas, la plateforme sera hébergée par la direction des applications militaires du commissariat à l’énergie atomique (CEA).
Bâtir une filière industrielle française quantique
La ministre a souligné les enjeux d’autonomie stratégique liés à la maîtrise des technologies quantiques. Les armées attendent beaucoup de ces technologies dans trois domaines. Primo, dans celui des capteurs. Ceux quantiques permettront d’améliorer considérablement les performances de détection des systèmes d’armes, ou encore de disposer de systèmes de navigation de très haute précision. Ainsi, même lors de missions de longue durée, un sous-marin de la dissuasion nucléaire pourrait s’affranchir des signaux satellitaires GPS pour se localiser. Il pourra dans l’avenir s’appuyer sur des nouveaux équipements capables de mesurer des infimes variations de la gravité terrestre.
Secundo, dans le domaine des communications. «Les communications et la cryptographie quantiques et post-quantiques sont au coeur de notre attention. Le ministère des Armées a développé des équipements de très haut niveau de sécurité pour protéger pendant plusieurs dizaines d’années des données stockées ou échangées», a précisé Florence Parly. La crainte des armées est en effet que les ordinateurs quantiques soient capables de percer leurs secrets en cassant les clés de chiffrement, même les plus robustes.
Tertio, dans le domaine du calcul lui-même. «Ces capacités de calcul pourraient traiter en un temps record des milliards de données à des fins de renseignement, et permettraient d’améliorer l’efficacité de nos systèmes composés de milliers de véhicules et de satellites en optimisant l’ensemble des trajectoires tout en tenant compte des dynamiques individuelles», a souligné la ministre. Selon elle, cette capacité de calcul phénoménale serait aussi un véritable atout pour prolonger les travaux extrêmement sensibles menés dans le domaine de la dissuasion par la direction des applications militaires du CEA.
La ministre a insisté sur la nécessité de constituer non seulement une filière industrielle quantique française capable de se positionner au niveau mondial mais également d’en exploiter tout le potentiel et la diversité. A coup sûr, les armées en seront un élément à la fois moteur et incontournable.



