ArianeGroup passe la seconde en matière de services de surveillance de l’espace. La filiale, détenue à 50/50 par Safran et Airbus, a décidé d’étendre son service de surveillance des objets spatiaux à toutes les orbites. Le 2 juin, la société a annoncé le lancement du service Helix qui permet de détecter et de suivre les satellites depuis l’orbite basse (quelques centaines de kilomètres) à l’orbite géostationnaire (36000 km) en passant par les orbites intermédiaires (quelques milliers de kilomètres).
Le service anciennement connu sous le nom Geotracker avait été lancé en 2011 et ne couvrait que l’orbite géostationnaire. A l’origine du service, il s’agissait de s’assurer que le lanceur Ariane n’allait pas entrer en collision avec des satellites de plus en plus nombreux en orbite basse. Helix permet aujourd’hui de constituer un catalogue de plusieurs milliers d’objets spatiaux. L’objectif est de détecter et de prévoir la trajectoire d’objets de la taille des microsatellites avec des dimensions de l’ordre de 30 à 40 cm de côté.
Avec l’essor des constellations de satellites et les enjeux militaires dans l’espace, la surveillance de l’espace est devenue une véritable préoccupation. «On fournit des données sur la position orbitale de chacun des satellites - comment ils bougent, où ils sont - en les regardant jour et nuit sur les différentes orbites, explique Philippe Clar, directeur des programmes de défense pour ArianeGroup. En Europe, en termes de système opérationnel, on est les seuls aujourd’hui à avoir une telle couverture mondiale dans notre domaine».
400 alertes par semaine pour les satellites militaires
Pour réaliser cette surveillance spatiale, ArianeGroup a déployé à travers le monde un réseau d’une quinzaine de stations équipées de télescopes et de camera infrarouges qui scrutent le ciel. Les données recueillies 24 heures sur 24 sont analysées dans un centre de commande et de contrôle basé aux Mureaux (Yvelines), près de Paris.

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Il s’agit in fine d’éviter les collisions avec des satellites ou encore avec des débris spatiaux. Cela peut être également utile pour détecter un satellite hostile. En septembre 2018, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait révélé des manoeuvres de rapprochement d’un satellite russe auprès d’un satellite de télécommunications militaires franco-italien Athena-Fidus.
D’ailleurs, le client de lancement du service Helix n’est autre que le commandement de l’espace (CDE, ndlr), l’entité de l’armée de l’Air et de l’Espace en charge de piloter les moyens spatiaux au bénéfice des armées. «Les problèmes arrivent quotidiennement. Pour les quelques satellites de la flotte française, on a 400 situations d’alerte par semaine en orbite basse. Cela aboutit à deux ou trois manœuvres par an de nos satellites, explique le général de division aérienne Philippe Adam, commandant de l’espace pour les forces françaises. Le travail consiste à préciser la trajectoire des satellites pour évaluer les risques de collision. Un rapprochement est préoccupant lorsque la distance entre deux satellites est de moins de 40 km ».
Afin de disposer d’un service plus rapidement et à bon marché, les militaires ont préféré faire appel à un prestataire privé plutôt que déployer leurs propres infrastructures. Cela permet également aux armées de faire appel à des prestataires exploitant d’autres technologies d’observation de l’espace (comme Safran et son service WeTrack) pour diversifier leurs sources de données de surveillance spatiale.
Des technologies concurrentes
Helix cible également les opérateurs privés de satellites et les sociétés de lancement. ArianeGroup a fait le choix des technologies optiques pour surveiller l’espace plutôt que les technologies radar ou les technologies basées sur les émissions radiofréquences des satellites. «Le développement, l’assemblage et les tests des stations d’observations s’effectuent sur le site ArianeGroup de Saint Médard en Jalles, en Gironde, avant d’être installées dans le monde entier » précise le groupe. Le réseau d’observation d’ArianeGroup compte 15 stations à travers le globe. L’industriel veut en doubler le nombre d’ici 2025.



