Pour Bobst, les machines connectées sont une solution anticrise

Depuis quelques années, l’équipementier suisse a fait de la numérisation de la chaîne graphique son cheval de bataille. D'après l'entreprise, dans un an ou deux, quand le marché se durcira, les outils numériques permettront aux imprimeurs de mieux s’en sortir.

 

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Jean-Pascal Bobst
Jean-Pascal Bobst dirige la société éponyme, spécialisée dans les machines pour l'impression et le façonnage d'emballages.

Connectivité, numérisation, automatisation, développement durable : tels sont les quatre piliers sur lesquels Bobst a décidé de s’appuyer depuis maintenant trois ans pour développer son offre. Le constructeur de machines d’impression et de façonnage d’emballages, présent sur le marché du carton plat et ondulé, le souple et les étiquettes, n’a pas changé d’avis. Bien au contraire… Au cours de sa traditionnelle de conférence de presse annuelle, au siège du groupe, à Mex (Suisse), la semaine dernière, Jean-Pascal Bobst, a même beaucoup insisté sur la « nécessaire » numérisation de la chaîne graphique. Le Pdg sait de quoi il parle. Après une année 2022 exceptionnelle, qui s’est soldée par un chiffre d’affaires de 1,841 milliard de francs suisses, en hausse de 17,8% sur l’année précédente, le groupe qu’il dirige anticipe un durcissement du contexte pour l’exercice en cours et, probablement, le suivant sur tous les segments sur lesquels il est présent. Il en sera ainsi pour les étiquettes, qui connaîtront une consolidation du côté de l’offre, ou pour les matériaux souples en plastique, assujettis à une réglementation toujours plus contraignante.

Le carton ondulé, qui sort de deux années très dynamiques en raison de la progression de l'e-commerce, connaîtra quant à lui une légère décrue alors que le carton plat, après avoir connu une forte hausse du fait des effets de remplacement dans le plastique et de l’essor de la vente à emporter, croîtra à un rythme moins intense, soutenu plutôt par le luxe que par les produits de grande consommation.

Maîtrise des coûts et productivité

Plus globalement, selon Jean-Pascal Bobst, la vague d’investissements massifs qui a caractérisé les deux dernières années ne va pas perdurer et les fabricants d’emballages, contraints à la fois par la stagnation de la demande, les problématiques réglementaires et la raréfaction de la main-d’œuvre, vont se focaliser davantage sur les questions de maîtrise des coûts et de productivité. Dans ce contexte, les entreprises qui auront réussi leur passage au numérique pourront s’en sortir mieux que les autres. Le patron de Bobst cite, par exemple, les machines connectées qui facilitent les interventions en cas de panne. Le constructeur revendique 4100 équipements reliés au Cloud dans 97 pays. Grâce à la plate-forme Bobst Connect, l’utilisateur, mais aussi l’équipementier, peut avoir accès aux informations clés des machines pour disposer d’une vue d’ensemble et optimiser le processus de production. Les outillages connectés représentent un autre chapitre permettant d’améliorer la productivité. Cette conférence de presse était justement l’occasion d’annoncer plusieurs lancements allant dans cette direction, à l’image de Tool Management, une solution de contrôle des formes de découpe équipées de TooLink, permettant de suivre l’historique de ces outils qui, pour mémoire, permettent de découper et de rainer le carton. « Avec cette fonctionnalité, il est désormais possible de comprendre lorsqu'un couteau se dégrade, afin d'anticiper son remplacement, sans être obligés d’interrompre une production en cours », indique Jean-Pascal Bobst. Autre nouveauté : le Recipe Management pour Accucheck qui permet d’inspecter à l’avance un fichier graphique et d'éviter les erreurs. Prealpi, un client de Bobst, l’utilise déjà pour réduire les temps de réglage et améliorer le contrôle de qualité.

E-commerce

Une dizaine de nouveautés et de mises à jour des machines ont également été annoncées sur tous les segments où le groupe est présent, comme le métalliseur Vision K5 HS, conçu pour traiter une grande variété de films, dont les substrats de faible épaisseur et les nouveaux supports à base de papier, ou la Novafoil, la presse pour application de dorure à chaud, désormais équipée d’un module pour apposer une protection holographique. L'e-commerce était également à l’honneur avec une série de démonstrations effectuées autour de l’Expertline, une ligne permettant de produire des boîtes en carton ondulé associant deux machines : l’Expertflex et l’Expertcut. La première permet de contrecoller une feuille imprimée en flexo sur la découpe quand la deuxième la découpe et la colle. En fin de process, la Speedpack livre, après les avoir cerclés, des lots de boîtes parfaitement comptées et empilées, prêtes à être palettisés. Cette ligne, comme toutes les autres d’ailleurs, pourrait un jour fonctionner à partir d’un fichier unique, le « full PDF », un PDF enrichi qui contiendrait toutes sortes d’informations sur le produit à imprimer, c’est-à-dire les données graphiques, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, mais aussi la data permettant de piloter les machines d’impression, d’ennoblissement et de découpe-collage, jusqu’à la fin de ligne. « Cela permettra d’automatiser encore plus la production et de réduire les coûts de production, indique le Pdg. En moins de dix minutes l’imprimeur pourra changer de job. » Encore faudra-t-il que toutes les machines Bobst, sur un catalogue qui en comprend au moins 70, puissent accepter de travailler avec ce type de fichier… Le constructeur prévoit d’y parvenir d’ici à 2027.

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