PGS s’associe avec Tartière en vue de sécuriser ses approvisionnements en bois

Le leader européen de la palette va injecter 15 millions d’euros dans la scierie Synergie afin de tripler sa production d’ici à trois ans.

PGS bois palettes
En 2025, le site sera capable de produire 85 000 m³ de sciages par an.

Jean-Louis Louvel ne cachait pas ses inquiétudes il y a quelques mois lorsque nous l’avions interviewé : « Le prix du bois a déjà beaucoup augmenté et continuera sans doute à progresser pendant tout le reste de l’année », expliquait le patron de PGS, leader européen de la palette bois neuve et reconditionnée. Et d’ajouter : « C’est préoccupant lorsqu'on sait que 75% du prix de revient de nos produits provient de cette matière première. » Les chiffres sont sans appel. L’indice Holzpackmittel, Paletten, Exportverpackung (HPE), qui mesure l’évolution du prix du bois à palettes et fait foi dans la profession, est passé de 140 à 410 points entre fin 2020 et août 2021, soit une progression de près de 300%. En surchauffe, les économies chinoise et américaine ont aspiré des quantités impressionnantes de grumes issues des forêts françaises et européennes, provoquant des pénuries sur le marché à tel point que des dizaines d’entreprises, en France, ont été menacées. Plus rémunérateur, le secteur du bâtiment a détourné des résineux destinés à l’emballage. Depuis, la tendance est à la baisse, l’indice HPE de décembre s'étant stabilisé sur les 335 points, mais les inquiétudes demeurent. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser le partenariat entre PGS et l’un de ses fournisseurs, le groupe Tartière, spécialisé dans le sciage.

Une nouvelle usine

L’accord porte sur la scierie Synergie de Saint-Amand-Montrond (Cher), détenue par PGS depuis 2010. Stéphane Tartière, patron du groupe éponyme, prend la direction de l’établissement. PGS s’engage quant à lui à investir 15 millions d’euros sur trois ans sur le site afin de tripler sa production. Une nouvelle usine va être construite. Idéalement située au centre de la France, au cœur de plusieurs massifs et à proximité immédiate de l’autoroute, la scierie Synergie s’étend sur 13 hectares et dispose d’une réserve foncière de 8 hectares qui permettra de mener à bien ce projet. L’unité sera dédiée à la production de « gros bois », de 200 à 1000 mm, et devrait atteindre une capacité annuelle de production de 85 000 m³. En parallèle, les liens capitalistiques entre les deux groupes vont être renforcés. PGS qui est aussi le premier client de Tartière va devenir d’ici à deux ans son actionnaire. « Nos scieries intégrées d’une part et nos rapprochements capitalistiques avec certains de nos plus gros fournisseurs sont extrêmement stratégiques pour accompagner le développement de PGS et surtout pour garantir au marché et à nos clients la sécurisation de la matière première avec une logique de circuit court en favorisant des approvisionnements de proximité », a indiqué Luc Grauwet, Pdg de PGS, en marge de cette opération.  

Fondé en 1950, Tartière a réalisé en 2021 un chiffre d’affaires de 15 millions d’euros. Le groupe, dont l’activité est orientée sur le sciage de résineux à destination de l’emballage, dispose de deux sites à Bourganeuf (Creuse) et à Villossanges (Puy-de-Dôme), d’une capacité de production annuelle de 65000 m³. L’apport de Synergie devrait permettre de porter le chiffre d’affaires à 20 millions d’euros en 2022 et la création d’une nouvelle scierie à Ussel (Corrèze) de monter jusqu’à 25 millions d’euros en 2023. 

PGS se revendique comme le leader européen de la palette en bois, neuve et reconditionnée, et des services associés de logistique de retour. Le groupe qui opère au travers de 44 sites dans huit pays, emploie 750 personnes pour un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros en 2021.

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