C’est qu’on pourrait appeler une diversification opportune. Avec le Molded Fiber Labelling (MFL), la technologie de décor que Pagès Group s’apprête à lancer après deux ans de développement et le dépôt d’un brevet, le groupe basé à Foncine-le-Haut (Jura) s'engage dans un nouveau segment de marché, en fort développement, celui des barquettes en cellulose moulée.
Pour mémoire, le groupe a bâti sa réputation dans un tout autre domaine, celui de l’emballage plastique et plus spécialement dans les solutions robotisées permettant d’introduire une étiquette dans un moule d’injection (In Mould Labelling, IML selon la terminologie anglaise), en vue de décorer une barquette, un seau, un couvercle. « Nous pensons que les conditionnements en fibre moulée vont continuer à progresser pour d’évidentes raisons liées à la réglementation et à l’environnement, affirme Romain Hervé, directeur du développement, mais dans le même temps, nous observons une relative pauvreté des solutions de décor pour ces emballages, réalisée en offset sec ou avec des étiquettes adhésives. » Et le responsable de pointer : « Dans le premier cas de figure, on ne peut intervenir que sur des emballages de forme conique, alors que dans le deuxième, l’étiquette adhésive vient compliquer le recyclage ou le compostage de la barquette, de par la présence de colle ou de plastique. »
POC
C’est à partir de ce constat qu’est né le projet de mettre au point une ligne pilote. « Nous sommes partis d’une idée, puis nous avons voulu prouver le concept », souligne Romain Hervé qui poursuit : « Le principal challenge était de rester sur une étiquette, pour que l’impression soit qualitative, mais il ne fallait pas perturber la recyclabilité, voire le compostage du contenant, c’est pour cette raison que techniquement, nous nous sommes tout de suite orientés vers un assemblage sans colle. » Pour réussir à fixer l’étiquette sur le contenant, Pagès Group utilise un procédé par pression. Mais nous n’en saurons pas plus. L’entreprise veut conserver son avance. Rockwell Automation a contribué à la partie automation en fournissant les dispositifs de contrôle-commande, l’automate, la motorisation de la ligne. MCC Verstraete a développé les étiquettes en papier. Celles-ci utilisent des encres biodégradables. En l’occurrence, différents types d’étiquettes – à une, quatre ou cinq faces – peuvent être appliqués, sur le pourtour de l’emballage, le dessous et le couvercle. Pour autant, chaque type d’étiquette implique une machine spécifique.

Canne à sucre
Le procédé présente l’avantage de pouvoir être utilisé sur différentes géométries d’emballages – ronds, rectangulaires, dotés ou non de courbures – et sur différents substrats, à base de fibre de canne à sucre, comme c’est souvent le cas pour les barquettes utilisées en Asie, et en fibres de bois (en Europe). Enfin, il n’influe pas sur la conservation ni sur la cuisson, l’emballage étant compatible avec les réfrigérateurs et les fours à micro-ondes. Le module de décor peut être accolé à une ligne de production de barquettes, ou utilisé en tant que module séparé, sur des barquettes dépilées. Les commandes affluent en masse depuis l’annonce de la disponibilité du procédé, en provenance d’Europe comme des États-Unis. Une ligne est en cours d’installation chez un client. Deux autres sont en cours d’assemblage. Les premiers emballages devraient être dans les rayons avant la fin de l’année.



