Osmosia s’adapte au réemploi

L’opérateur du vrac a installé une ligne de conditionnement dédiée aux bocaux consignés dans son unité de Dreux (Eure-et-Loir).

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Osmosia, ligne de conditionnement de bocaux consignés
La ligne de conditionnement de bocaux consignés pour le réemploi d'Osmosia dispose d'une capacité provisoire de 60 000 contenants par mois.

Pionnier du vrac avec ses enseignes Day by Day et Mademoiselle vrac, Osmosia (ex-My Retail Box) se lance dans le conditionnement et le réemploi. L’opérateur a inauguré le 23 mai 2024 à son siège de Dreux (Eure-et-Loir) une ligne de conditionnement en bocaux consignés de produits alimentaires. Fruit d’un investissement de près d’une centaine de milliers d’euros, elle dispose d’une capacité de 60 000 pots par mois, réservés pour le moment aux spécialistes de la livraison à domicile des courses en emballages consignés Le Fourgon et La Tournée, mais conçue pour être démultipliée sur le site ou déployable sur tout le territoire.

Extension de savoir-faire

S’agit-il d’un changement de métier ? « Pas du tout, répond Didier Onraita, le président et cofondateur d’Osmosia. Notre raison d’être – Osmosia est une société à mission – est d’imaginer et mettre en œuvre des solutions à grande échelle permettant de limiter les impacts, c’est-à-dire, principalement, réduire le gaspillage et la profusion des déchets d’emballage liés au surconditionnement. En outre, si nous sommes un sélectionneur de produits et un logisticien dédié au vrac, nous sommes aussi un conditionneur, de trémies et de bacs de vrac, en mode circulaire. Nous étendons donc notre savoir-faire aux emballages réemployables à destination du grand public. »

Logique industrielle

L’évolution résulte d’un double constat : d’une part, la réglementation impose à l’ensemble des metteurs en marché l’utilisation progressive d’au moins 10% d’emballages réemployés d’ici à 2027, soit plus de deux milliards d’unités par an selon les estimations de Citeo ; d’autre part, la consigne monte en charge depuis quelques mois dans les épiceries du réseau. Ainsi, les besoins de solutions à l’échelle industrielle pour les produits de grande consommation se révèlent considérables. Or Osmosia dispose de dix ans d’expérience dans la logistique du vrac et peut s’appuyer sur un atelier de lavage de contenants créé avec un établissement d’accompagnement par le travail (Esat) francilien dès 2016. « Pour le vrac, nous avons identifié, les produits et les moments d’achat. Pour le reste, ou ce qui interdit à la vente en vrac, nous nous proposons donc de les conditionner, mais dans les conditions les plus responsables et dans une logique industrielle », reprend le dirigeant.

Marques nationales

Le projet a été lancé en novembre 2023, pour une mise en service de la ligne en mars dernier, dans une usine elle-même « réemployée » puisqu'elle accueillait, avant sa fermeture, la fabrication de téléviseurs Philips. Opérant avec une cinquantaine de références disponibles dans son magasin de stockage, des cornichons aux confitures en passant par les pâtes et les fruits secs, le conditionneur travaille d’abord pour Le Fourgon et La Tournée. Les deux « pure players » se chargent de l’approvisionnement en emballages, des bocaux en verre de 458, 720 et 1062 ml – qui, après remplissage et capsulage manuel, seront regroupés en caisse de douze unités –, et de la logistique. Des marques nationales sont également engagées dans l’initiative, Lustucru et Beendi en particulier. La traçabilité des contenants et des denrées est assurée par lot de production.

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Montée en régime

« La capacité peut paraître modeste mais, hors boissons, elle est importante par rapport au marché, explique Didier Onraita. Elle nous permet aussi d’apprendre en même temps afin de savoir répondre à une accélération. Nous pourrons d’ailleurs monter en régime et aller au-delà au fur et à mesure du développement du réemploi ou de l’arrivée de nouveaux acteurs dans l’aventure. L’objectif est aussi de proposer cette offre à notre réseau. » Il glisse au passage : « Il n'y a pas de concurrents sur le vrac et le réemploi. Nous sommes tous confrères. Il n’y aura des concurrents que lorsque le marché sera saturé. » De conclure : « En tant qu’initiateur du vrac en France, nous nous devions d’imaginer et de développer des solutions viables et efficaces pour le réemploi des emballages primaires. » Ce faisant, Osmosia délivre un signal supplémentaire de la transformation du marché, après la réunion du vrac et du réemploi au sein, à la fois, de la structure qui fédère la filière et du salon du secteur.

Créé en 2013 par Didier Onraita et David Sutrat, My Retail Box, devenu Osmosia en même temps qu’une société à mission en mars 2024, se présente comme le premier opérateur européen de la vente de produits en vrac et en contenants réemployables. Basée à Dreux, l’entreprise a réalisé un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros en 2023.

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