32 millions d'euros : tel est le montant de l’amende infligée par l’autorité de contrôle de la concurrence italienne au géant des hydrocarbures Eni et à sa filiale Novamont, l’un des leaders mondiaux du plastique biodégradable, pour « abus de position dominante ». Le régulateur transalpin reproche à l’entreprise italienne d’avoir obligé ses clients, à savoir les transformateurs de sacs en plastique, d’utiliser sa résine, en l’occurrence le Mater-Bi, de façon exclusive.
Pour rappel, l’Italie a rendu obligatoires les sacs de sortie de caisse en plastique compostable, depuis 2011. L’Autorità garante della concorrenza e del mercato (AGCM) estime que les effets du système mis en place par Novamont « ont empêché le développement d'une concurrence saine sur plusieurs marchés nationaux de la production et de la vente ». Or, « une concurrence ouverte dans le secteur des bioplastiques est essentielle pour atteindre les objectifs de protection de l'environnement poursuivis par les législateurs », indique l'AGCM dans un communiqué repris par l’AFP.
Recherche scientifique
Deux amendes, de 30,3 et 1,7 millions d'euros ont été infligées à Novamont et à Eni, qui contrôle l'entreprise à 100% via sa filiale Versalis, de manière « solidaire ». Novamont a répliqué en indiquant dans un communiqué qu'il était « fermement en désaccord » avec cette décision qui « décourage la recherche scientifique », et précisé qu’il fera « valoir ses droits dans le cadre de procédures judiciaires ». L’entreprise dirigée par Catia Bastioli assure avoir « soumis toutes les preuves pour confirmer que ses pratiques commerciales étaient équitables et visaient à protéger l'innovation. »
En Europe, trois acteurs majeurs se partagent le marché des résines biodégradables utilisées dans la fabrication de sacs : l’italien Novamont, le français Sphere et l’allemand BASF.



