Next emballage en route vers la décarbonation

Après un bilan carbone complet, le groupe charentais veut se montrer transparent sur son impact environnemental et les leviers pour le réduire.

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Next Emballage, emballages thermoformés
Next emballage est spécialisé dans les emballages plastique thermoformés sur mesure.

« Plutôt en avance, j’avais lancé la démarche en 2018, mais la crise sanitaire a bousculé nos projets. Cependant, le bilan carbone exhaustif que nous avons réalisé reprend tout son sens avec la directive européenne CSRD » [NDLR : relative à la publication d’informations sur la durabilité par les entreprises, applicable depuis le 1er janvier 2024 et qui concerne déjà les sociétés de plus de 500 salariés et de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires], nous expose Antoine Pontaillier, le Pdg de Next emballage (photo ci-dessous), un groupe charentais spécialisé dans le thermoformage.

Et de souligner que cette initiative « volontaire et engagée » est « rare pour une PME de son secteur ». Ce bilan lui permet désormais d’identifier les leviers d’action pour réduire son impact environnemental et de définir une trajectoire de décarbonation, « sans possibilité de modifier l’objectif final ».

56% des émissions dues aux matières premières

Avec Picard, Air forme et Petit, Next emballage dispose de trois usines à Nersac (Charente), Mur-de-Sologne (Loir-et-Cher) et Les Échelles (Savoie). Le bilan réalisé « par un cabinet agréé par Bpifrance », qui couvre l’ensemble des scopes 1, 2 et 3, a surpris le dirigeant : sur les 17 147 tonnes d’équivalent CO2 émises – « soit l’équivalent de 1 732 foyers français » –, les matières premières en génèrent 56%, « principalement liées à la production de polyéthylène téréphtalate (PET) », et les « scraps », autrement dit « la fin de vie des produits », 25%, alors que le fret ne représente que 3%. « Les déplacements du personnel, dans des zones dépourvues de transports en commun, comptent également », constate Antoine Pontaillier, attaché à l’ancrage territorial et à la mobilisation de ses salariés, « très délicate au quotidien, compte tenu de niveaux de maturité hétérogènes ».

« Une stratégie progressive et ambitieuse »

À partir de cet audit, Next emballage s’engage sur plusieurs fronts. Le groupe veut poursuivre l’amincissement de ses barquettes pour limiter la quantité de matière première utilisée. Sans attendre les nouvelles obligations réglementaires, il travaille aussi à l’augmentation de la part de plastique recyclable et recyclé dans sa production. Dans le cadre du scope 3, il entend collaborer étroitement avec ses fournisseurs pour décarboner la chaîne de fabrication. Autre axe de développement : continuer les tests de matériaux alternatifs permettant de réduire la dépendance aux ressources fossiles. « Une stratégie progressive et ambitieuse, résume Antoine Pontaillier, avec une concentration sur certaines voies et l’abandon d’autres pour être en cohérence avec les capacités et les aspirations. »« Être vertueux est un devoir envers les clients et la société », complète-t-il, étonné de la relativement faible sensibilisation des entreprises à ces problématiques, pourtant indispensable quand « la CSRD va modifier radicalement le champ des opérations ». Next ne part pas de zéro toutefois : Picard a obtenu une médaille d’argent EcoVadis cette année.

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Par la même occasion, le groupe pense reprendre de l’avance sur plusieurs de ses concurrents. Et il va appliquer ces principes dans la construction du nouveau bâtiment qu’il projette en Savoie ainsi que dans la reconversion du site Next Safe de Picard à Nersac dédié à la production de masques chirurgicaux.

Spécialisé dans les emballages plastique thermoformés sur mesure pour l’alimentaire, l’industrie et le médical, Next emballage réalise un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions d’euros et emploie 100 salariés.

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