Remplacer le plastique par du carton dans le conditionnement de produits alimentaires : la ritournelle n’a pas changé. Au contraire, elle revient de plus en plus. MM Packaging se lance sur ce marché en démarrant une usine dédiée à la fabrication de ce qu’il appelle des barquettes hybrides, composées de carton plat - le matériau d’emballage qui constitue son cœur de métier - et d’un « liner » en plastique permettant de faire barrière au gaz et à l’humidité afin de conserver le produit plus longtemps.
Après avoir utilisé l’emballage, le consommateur est invité à séparer les deux matériaux, pour déposer le carton dans la poubelle des articles à recycler alors que le film sera incinéré. « Le carton représente au moins 85% de l’emballage, mais nous pouvons monter plus haut, cela dépend des applications », détaille Dieter Allitsch, directeur général de MM Packaging France. Le cartonnier autrichien s’intéresse à cette barquette hybride, baptisée GreenPeel, depuis 2020. Mais la mise en œuvre industrielle vient juste de s’achever.
Normes BRC
MM Packaging a utilisé des entrepôts de stockage situés à Seignelay (Yonne), à une quinzaine de kilomètres de son site de Monéteau où il fabrique et imprime des étuis pliants, au nord d’Auxerre, pour les transformer dans une usine dédiée à la fabrication de ces barquettes. « Nous respectons les normes BRC, ce n’est pas à proprement parler une salle blanche mais un atelier à hygiène contrôlée, avec des flux laminaires », expose le dirigeant. Pour la fabrication, le fournisseur autrichien s’en est remis à deux constructeurs de machines (voir ci-dessous), le français MG Tech qui a développé une installation permettant de mettre en forme la barquette à trottoirs et l’allemand Multivac qui a pour sa part adapté une thermoformeuse TX 830 afin de pelliplaquer le film sur celle-ci.
L’installation possède une capacité de quinze millions de barquettes par an. L’entreprise vise les marchés de l’alimentaire frais, à savoir les plats cuisinés, les surgelés, le poisson, les viandes, le fromage. Munis d’une barrière éthylène alcool vinylique (EVOH), les films, en polyéthylène (PE) ou en polyéthylène téréphtalate (PET), permettent de conserver le produits plusieurs semaines grâce à un conditionnement sous atmosphère protectrice, une présentation skin (sous vide) ou un simple thermoscellage. La fonction de service n’a pas été oubliée avec la possibilité d’utiliser le pack dans un four conventionnel ou un micro-ondes afin de réchauffer le produit.

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Rigidité
Si les barquettes mêlant le carton à un plastique sont déjà présentes sur le marché, MM Packaging met en avant un réel avantage pratique sur les siennes, et notamment la possibilité de les ouvrir plus facilement, ainsi qu’une meilleure rigidité, due à la qualité du carton employé. Au total, MM Packaging a investi un million d’euros dans cette usine qui occupe une surface de 5000 m2 et emploie une dizaine de personnes. « Tout est automatisé, c’était un impératif pour maintenir la production en France » observe Dieter Allitsch.
L’installation a déjà commencé à tourner. Une deuxième ligne, en commande, viendra en renfort dans les prochaines semaines. En fonction du développement du marché, le cartonnier installera ensuite des lignes supplémentaires. Il ne manque pas de place … Le site de Seignelay est même destiné à revêtir une importance toujours plus considérable à l’avenir, le groupe autrichien ayant décidé d’en faire son pôle d’innovation et de recherche et développement (R&D) pour la France, le Royaume-Uni, le Benelux et l’Allemagne.



