Une visite des locaux de Metropack, à Reims (Marne), suffit à comprendre que l’activité de cette entreprise est florissante. « La dynamique est bonne et soutenue. Après la parenthèse du Covid, nous avons totalisé un chiffre d’affaires de 3,5 millions d’euros en 2024, ce qui représente à peu près le double de ce que nous avions réalisé en 2020 », explique Jérôme Pellot, l’un des deux fondateurs.
Il y a tout juste vingt ans, cet ancien de l’ESIReims créait la société avec son camarade de cours Nicolas Krajka, dans l’intention de la spécialiser dans le contrôle et la métrologie des emballages : un cas unique en France. « Notre principal concurrent est toujours le LNE, mais, par rapport à celui-ci, qui reste généraliste, notre approche est complètement centrée sur l’emballage, puisqu’elle va du conditionnement jusqu’à la palette en prenant en compte des aspects très différents, comme la compatibilité contenant-contenu, la vitesse d’ouverture d’un étui à fond automatique ou la stabilité d’une charge palettisée dans un camion qui traverse un rond-point », souligne Nicolas Krajka. Et d'ajouter : « En France, nous sommes les plus gros acteurs pour tout ce qui concerne la simulation de transport. »
Crash de palettes
Il est vrai que les équipements ne manquent pas dans l’établissement. On en dénombre 380 en tout : des petits, qui analysent au microscope la perméabilité d’un carton à une goutte d’encre ; et des très grands, comme ce banc d’accélération simulant le crash d’une charge palettisée (ci-dessous) ou cette tour de 9 mètres de haut servant à effectuer des tests de chute.
Tiziano Polito Les enceintes de vieillissement, destinées à « stresser » les packagings avec des températures et des taux d’humidité plus élevés que la normale, se comptent par dizaines. « On nous paie pour "torturer" les emballages », observe Jérôme Pellot, avec un sourire en coin. Aujourd'hui, grâce au renouvellement continu de ses matériels, Metropack, qui emploie vingt personnes, affiche une certaine avance sur son concurrent historique. En outre, il couvre l’ensemble de l’emballage, ce qui permet à un client d’obtenir des réponses sur à peu près tout, du primaire au tertiaire.

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Février 2026
Indices des prix internationaux des matières premières importées - Pâte à papier - En eurosBase 100 en 2010
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Mars 2026
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Sa clientèle est justement composée de marques utilisatrices, à l'image de groupes comme Nestlé ou Danone, et – proximité oblige – de nombreuses maisons de champagne. En revanche, les fabricants d’emballages ne représentent que 10% de l’activité. L’accréditation Cofrac ISO 17025 garantit que les tests sont précis, fiables et traçables et qu’ils peuvent servir à régler des contentieux.
International
Fait intéressant, près de 50% du chiffre d’affaires provient de clients étrangers, notamment d'entreprises belges, allemandes, espagnoles, suisses ou italiennes. « Certains viennent nous voir pour notre savoir-faire, quand d’autres nous consultent parce qu’ils n’ont pas l’équivalent dans leur pays ou parce qu’ils sont pressés. On nous apprécie beaucoup pour notre réactivité », indique Jérôme Pellot.
Face à une demande qui ne cesse d’augmenter, la société vient justement de compléter les travaux d’agrandissement de son centre rémois, avec un investissement de 2 millions d’euros dont près de la moitié sont alloués à l’achat d'équipements.Cette extension, soit 1 000 m² additionnels sur les 2 000 m² préexistants, aidera Metropack à réorganiser les flux à l’intérieur du bâtiment et à accueillir des machines supplémentaires.
Réemploi
En l’occurrence, le laboratoire envisage de renforcer ses compétences dans le réemploi des emballages. Le sujet n’est pas vraiment nouveau. Metropack possède déjà un banc d’endurance dédié à l’ouverture-fermeture de coffrets en bois (ci-dessous) et un deuxième testant l’utilisation répétée des vaporisateurs de flacons de parfum rechargeables. Une autre console est destinée aux bouteilles en verre, afin de vérifier leur résistance mécanique et leur tolérance aux capsulages successifs. « Les industriels s’intéressent toujours davantage au réemploi, en ligne avec l’évolution de la réglementation. Ils viennent donc nous voir pour tester leurs conditionnements. Nous croyons beaucoup au développement de cette activité », confirme Jérôme Pellot.
Tiziano Polito Thésards
Metropack veut également accroître son pôle de recherche et développement (R&D), « une activité visant à aider les entreprises à comprendre ce qu’elles font et pourquoi elles le font », commente Jérôme Pellot. Le pôle, dirigé par Victor Huart, lui aussi ingénieur en packaging, diplômé de l’ESIReims, docteur en génie des procédés et, depuis 2016, spécialisé dans la sécurité et le risque industriel du transport, se consacre à de multiples problématiques, notamment dans l’emballage de transport. Une demi-douzaine de thèses de doctorat sont actuellement conduites par ce pôle, en lien avec l’université de Reims.
« On s’intéresse vraiment à tout. L’une de ces thèses est dédiée au banderolage : l’idée, c’est de théoriser notre savoir, puis de le publier dans des revues scientifiques », fait savoir Victor Huart. Le département a également commencé à se servir de la tomographie, une méthode d’analyse non destructive, dans le but de mieux comprendre ce qui se produit quand l’emballage est contraint.
« Notre approche est pluridisciplinaire, nous testons de nouvelles technologies et, parfois, lorsque les machines n’existent pas, nous les codéveloppons avec nos fournisseurs, c’est ce qui nous permet d’aller plus loin », remarque Jérôme Pellot. De la rigueur technique, du développement scientifique, mais aussi beaucoup d'autonomie dans les choix stratégiques : tels sont les mots clés à la base du succès de Metropack. Nicolas Krajka le rappelle : « Depuis le début, nous finançons tout nous-mêmes, par l’endettement, nous ne dépendons de personne ». Et de conclure : « C’est cette liberté qui nous permet d’agir par anticipation, sur le long terme, comme nous l’avons fait avec le réemploi ».



