La recyclabilité des emballages devient une priorité pour nombre de torréfacteurs. « En moyenne, 19% des impacts environnementaux d’un sachet de café traditionnel sont liés à sa fabrication », indique le nordiste Méo pour éclairer cette évolution. Il rejoint ainsi cette liste en annonçant accélérer le déploiement de solutions monomatière et les investissements correspondants pour l’ensemble de ses produits à l’horizon 2027.
Jusqu’à une réduction de 25% du poids
Le torréfacteur lillois a déjà commencé cette année à agir dans ce sens. Il a lancé la gamme Silvea de cafés d’agroforesterie, en grains et moulus, en sachets de 500 g en polyéthylène (PE). De même, il a converti au papier ses dosettes souples Arômes exquis et le suremballage du café moulu Arôme exquis en lot de 4 x 250 g. Il a aussi développé la marque Koota dans des emballages en PE « sans aluminium, tout en maintenant leur qualité hermétique », précise-t-il. En 2025, ce sera au tour de l’ensemble des dosettes souples et des sachets de grains de 500 g de basculer. « L’important est d’avoir une monomatière pour que l’emballage puisse entrer et être traité dans les centres de tri, explique Bertrand Blondel, responsable R&D. Le PE a été choisi car les filières de recyclage existent déjà en France pour ce matériau. Nous avons également travaillé sur le nombre de couches et les épaisseurs. Auparavant, nous utilisions trois couches, désormais deux, avec un gain de poids de 2,15% pour un sachet de dosettes souples et de 24,7% pour un sachet 500 g grains. Quand on sait que nous avons vendu plus de 500 000 UVC de nos dosettes en un an et près de 3 millions d’UVC de notre best-seller 500 g grains, l’économie réalisée est colossale ! »
60 000 euros d’adaptations mécaniques
Pour atteindre ces objectifs, Méo a dû adapter ses lignes de production, « initialement prévues pour des emballages aluminisés ». Cela lui a coûté environ 60 000 euros. « La matière et la densité rendent le matériau très différent des anciens emballages. Il faut modifier certains éléments mécaniques comme les barres de soudure, qui permettent de sceller l’emballage de manière parfaitement étanche et ainsi éviter la dégradation possible par l’oxygène », reprend le responsable R&D. En outre, en 2025, une nouvelle machine, adaptée aux films monomatière, sera installée pour la production de café en grains ; elle permettra d’augmenter les volumes et les cadences, à 70 sachets par minute, « afin de répondre à la demande exponentielle sur ce mode de préparation ».
Avec deux sites de production dans l’agglomération lilloise (Nord), Méo torréfie 34 000 tonnes de café par an.



