« Aux Etats-Unis, il existe très peu d’acteurs présents sur l’impression 3D du silicone et nous sentons une véritable appétence du marché pour ces solutions », souligne Nelly Martinez, responsable financière de Lynxter. La start-up bayonnaise spécialiste des imprimantes 3D modulaires pour l'industrie et le médical est venue au CES avec l'ambition de répondre à cette appétence. Lynxter est d'ailleurs en discussion avec un industriel du Michigan pour distribuer ses machines capables d'imprimer des élastomères.
Son imprimante S600D a déjà pénétré le marché américain depuis deux ans mais c'est sa nouvelle machine, la S300X, que la start-up met en avant au CES. Dédiée aux matériaux liquides (silicone et polyuréthane). Cette solution lancée en novembre 2022 au salon Formnext de Francfort permet de fabriquer des pièces de rechange, des éléments d’étanchéité pour de nombreux secteurs industriels, de l’aéronautique au ferroviaire en passant par l’industrie électrique.
Créée en 2016 par trois ingénieurs de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tarbes, Lynxter a été repérée dès sa première année d’existence par Airbus pour des applications en prototypage, la start-up a livré sa première commande au géant de l’aéronautique. Airbus possède aujourd’hui 5 imprimantes modulaires S600D installées en France et en Espagne. Cette imprimante fonctionne en mode MEX (Material Extrusion), basé sur le dépôt de couches successives de cordons de matière extrudée. Elle met en œuvre une cinématique d’impression dite delta qui lui permet de travailler à une vitesse élevée. Son volume d’impression est de 360 à 390 mm de diamètre sur 600 mm de hauteur.
Une modularité croissante pour la S600D
Multi-matériaux, l’imprimante S600D a été conçue à l’origine pour imprimer des thermoplastiques et des liquides, silicone et polyuréthane. En 2019, elle a également intégré les céramiques. « Depuis 2016, nous avons réalisé de gros travaux de R&D sur les matériaux d’impression les mieux adaptés à notre procédé. Nous avons notamment développé des élastomères (silicone et polyuréthane ) en collaboration avec des formulateurs français. Nous sommes ainsi pionniers sur l’impression 3D de silicone, aujourd’hui notre application phare. Et nous continuons de travailler sur la modularité de la S600D qui devrait prochainement intégrer certains métaux », précise Blandine Billet, responsable recherche et développement chez Lynxter.
Evolutive et ouverte, la solution utilise jusqu’à six têtes d’impression interchangeables, sur les filaments, les liquides et les pâtes. Le client peut les installer progressivement selon l’évolution de ses besoins et il est accompagné dans son utilisation par un logiciel de pilotage. Aujourd’hui, la société possède une centaine de références en France et en Europe dont de grands noms comme Renault, Sanofi ou Schneider Electric.
Technologie Idex appliquée au silicone
La nouvelle imprimante de Lynxter, la S300X, travaille comme sa grande sœur en mode d’impression MEX mais elle utilise une cinématique cartésienne qui lui confère stabilité et compacité. Elle est en outre dotée d’une technologie d’impression appelée Idex, qui conjugue deux extrudeurs indépendants. La première tête imprime le silicone et la seconde le matériau support d’impression soluble. Ce qui rend la solution facile d’utilisation et polyvalente.
« Cette technologie nous permet de produire des pièces en silicone à géométrie complexe avec une grande fiabilité », estime Blandine Billet. La start-up compte en outre se démarquer des concurrents grâce au coût maîtrisé de sa technologie.



