Un passeport ! Tout est parti de là, quand, en 2015, un membre de la famille d’Alexander Cotte, l’actuel Pdg de LivingPackets, s’est interrogé sur la façon d’envoyer ce document d’identité de manière sécurisée, efficace et rapide. Son constat ? La logistique existe, mais elle n’est ni connectée ni intelligente. En outre, dans la plupart des cas, les emballages génèrent du déchet. LivingPackets est créé à Nantes (Loire-Atlantique) l’année suivante, et son concept, The Box, mis au point dans la foulée. « Nous avons tout repensé, de A à Z », se souvient Denis Mourrain, le directeur général, en évoquant cette boîte repliable en polypropylène expansé (PPE). Réemployable, elle est dotée d’un calage intégré. Mais c’est surtout la tablette connectée, située en façade, qui la distingue des autres solutions présentes sur le marché. Celle-ci joue le rôle d’afficheur pour indiquer une adresse ou un code-barres, mais aussi de « cerveau » grâce à ses multiples capteurs.
Pertes et spoliations
Le module enregistre tout ce qui compte durant le transport, à savoir la position du colis en temps réel, les chocs, les chutes, la température et l’humidité. Si un incident survient, on sait précisément quand et où il s’est produit, à qui il est arrivé. Une caméra permet même de prendre des photographies du contenu afin de s’assurer que celui-ci a bien été récupéré par le destinataire ou que le retour a été effectué avec un article à l’intérieur. Adieu les pertes et spoliations ! Fait notable : ces différentes fonctionnalités peuvent être ou ne pas être activées, selon les besoins de l’utilisateur. Neuf ans après la création de l’entreprise, le bilan commence à être positif. « au cours de la dernière année, nous avons progressé de 300 % par trimestre », se félicite Denis Mourrain. Près de 7 000 Box ont été produites à Sainte-Luce-sur-Loire (Loire-Atlantique), où la start-up possède son usine. Aujourd’hui, des grands noms tels que SFR, Louis Vuitton ou Tiffany & Co lui font confiance pour le transport de sacs de luxe, pièces d’avion, composants automobile, smartphones et autres objets de valeur. La gamme comprend quatre formats : un modèle standard (400 x 600 mm), un petit, un moyen et une version étanche. La tablette connectée peut aussi être livrée séparément pour équiper des emballages de plus grande taille.
Rémunération à l'usage et à la fonction
LivingPackets se rémunère en louant les contenants, avec une tarification variable liée au nombre d’emballages utilisés et aux fonctionnalités demandées. Ces options s’améliorent constamment. « Nous proposons des services à la carte, comme l’ouverture de colis via un code d’activation reçu par téléphone ou un réacheminement vers un tiers, tout est possible », observe Denis Mourrain. L’avenir promet de belles surprises. L’entreprise travaille sur une solution de déverrouillage par commande vocale, qui permettra au destinataire d’ouvrir The Box en prononçant une phrase « secrète », du type « Ouvre-toi » ! De quoi révolutionner les envois dans l’e-commerce. LivingPackets est convaincu que l’emballage réemployable sera un jour l’élément central de la supply chain, capable de s’interfacer avec les outils de gestion d’un logisticien, d’un transporteur ou d’un revendeur. « En contrôlant l’emballage, nous maîtrisons tout : la sécurité lors de la livraison, la traçabilité, et surtout, l’efficacité du réemploi, essentiel pour une logistique réellement durable », conclut Denis Mourrain. Des emballages au statut d’unités logistiques intelligentes dans un monde 100 % connecté : LivingPackets se projette loin. Il ne lui reste plus qu’à augmenter les quantités sur le marché pour que son rêve devienne réalité.



