Avions Mauboussin, c’est la version aéronautique du mythe de la technologie de rupture née dans un garage. De petits locaux nichés sur le campus de l’Université de technologie de Belfort Montbéliard (UTBM), un atelier d’ébénisterie où sont produites les premières pièces, un banc d’essai moteur hébergé au sein du Fuel Cell Lab… Une forme de retour aux sources dans un secteur de pointe. Mais qui ne doit pas cacher les ambitions de cette entreprise créée en 2011 : mettre en service deux avions hybrides électriques dans la deuxième partie de la décennie.
A la tête de cette jeune société ambitieuse de 12 salariés, David Gallezot, un passionné d’aéronautique à l’érudition folle, qui rêve de mettre en musique une aviation écologique et accessible à tous. "Avec ce type d’avion, quelque part, on repart de zéro pour faire un pas de côté, s’amuse le dirigeant, tout sourire. L’idée est de faire simple et léger, de revenir à une certaine agilité." Une vision qui se décline concrètement avec un parti-pris en termes de matériaux. Car les deux appareils seront principalement constitué en bois, avec quelques renforts en composites.
Une production à terme de 100 à 150 avions par an
Les noms de ces aéronefs ? L’Alérion et l'Alcyon. L'Alérion est un biplace dédié aux loisirs et à la formation qui doit effectuer son premier vol en 2023 et être certifié en 2025 pour un début de commercialisation dans la foulée. Caractéristiques affichées : 11 mètres d’envergure, une autonomie de 700 km d’autonomie, une vitesse de croisière de 275 km/h et une puissance de 80 kW.

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Son grand frère, l’Alcyon, doit avec une capacité de 6 places se frayer un chemin sur le marché émergent du transport régional de passagers décarboné et de la petite aviation d’affaires. Sa mise en service est prévue pour 2027. Ses caractéristiques techniques se situent un cran au-dessus : 17 mètres d’envergure, une autonomie de 1500 km, une vitesse de croisière de 370 km/h et une puissance de 400 kW. Deux engins tricolores qui entreront en concurrence avec des acteurs tels que l’américain Bye Aerospace, mais aussi le slovène Pipistrel ou bien encore le slovaque Aerospool. Entres autres.
Avions Mauboussin L'Alcyon lorgne le segment de l'aviation d'affaires et régionale. Image: Avions Mauboussin
Au vu de ces délais serrés de mise en service, David Gallezot a d’ores et déjà planifié un calendrier industriel. La production annuelle à terme pourrait s’élever à 100 ou 150 exemplaires pour l’Alérion et à 50 exemplaires pour l’Alcyon. "L’emplacement de la future usine n’a pas encore été sélectionné,précise le dirigeant, mais devrait se situer dans la région" de Belfort, où est installé Avions Mauboussin depuis 2017.
Une levée de fonds à l'horizon
Cette montée en puissance devrait conduire à plusieurs embauches, en particulier pour garnir le bureau d’études : les effectifs pourraient s’élever à 30 collaborateurs en 2025. Des experts qui, outre l’industrialisation, vont aussi devoir s’atteler à la possibilité dans un second temps de faire voler les deux appareils avec de l’hydrogène, brûlé sous forme liquide dans une turbine. "Les adaptations de la turbine sont assurées par le motoriste, comme c’est le cas de Safran, détaille le dirigeant. Mais on garde un œil sur les piles à combustibles qui pourraient réaliser des progrès dans les prochaines années."
Comme tous les autres projets de petits aéronefs décarbonés, Avions Mauboussin est à l’affût de financements, privés et publics. Pour l’heure, l’entreprise a reçu près de 1,5 million d’euros d’aides diverses, de la part de différents acteurs publics. Une levée de fonds initiale de 2,5 millions d’euros est en cours pour financer le prototype d'Alérion. Le financement de l’ensemble du projet de l’entreprise est estimé entre 15 et 20 millions d’euros… "Nous regardons à l’étranger pour trouver des financements, vers les business angels, des fonds d’investissements", reconnaît David Gallezot. A moins qu’un acteur tricolore ne se réveille avant…



