Les étiquettes ne font pas exception. À l’instar de toutes les autres filières de l’emballage, l’industrie qui regroupe ces transformateurs de matériaux, papier, plastique et leurs complexes, souffre des problèmes dus à deux années de pandémie, qui ont provoqué, d’une part, des pénuries sur certaines matières premières et, d’autre part, des hausses de prix. L’Union nationale des fabricants d’étiquettes adhésives (UNFEA), qui regroupe les industriels associés à ce secteur d’activité, a pris l’initiative d’alerter, le 24 février dernier, par courrier, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher en lui demandant de réunir les acteurs de la filière pour agir à court terme, mais aussi pour construire les solutions qui permettront d’éviter la prochaine crise. L’association professionnelle évoque dans un communiqué les tensions accrues, depuis 2021, sur les chaînes d’approvisionnement du polypropylène et du polyéthylène, du papier, de certains composants des adhésifs, tout ceci s’accompagnant de hausses de prix jamais connues jusqu’alors.
Grève
Depuis janvier 2022, une grève sur l’ensemble des sites industriels du groupe papetier UPM est venue finir de plonger le secteur entier dans la crise en amputant les capacités de production européennes de complexes adhésifs de 30% à 40%, ce qui a eu pour conséquence de rallonger les délais d’approvisionnement de quelques jours à plusieurs mois et de faire monter en flèche les prix. Selon l’UNFEA, la crise ukrainienne et ses conséquences sur les cours du gaz et du pétrole, dont dépendent l’industrie papetière et les cours des plastiques, va finir d’accentuer la pression sur les prix. Les stocks seront bientôt épuisés chez les fabricants d’étiquettes comme chez leurs fournisseurs et aucune amélioration n’est attendue avant le deuxième semestre 2022. « Dans un marché très demandeur, mais tributaire des difficultés d’approvisionnements à venir, nos adhérents, sont de plus en plus contraints de morceler les commandes reçues en plusieurs livraisons pour servir de manière équitable et proportionnée leurs clients. Toutes ces difficultés de production conjuguées à la flambée des prix vont avoir un impact immédiat sur les trésoreries », explique l’association professionnelle dans un communiqué. L’UNFEA s’inquiète plus particulièrement du sort des entreprises qui réalisent moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires qui représentent 60% du tissu des PME d’une filière qui regroupe 400 sites de production et emploie 7500 personnes en France.



