La publication par la Commission européenne de sa proposition de règlement destinée à réviser la directive 94/62 sur les emballages et les déchets d’emballage n’a pas manqué de susciter des réactions. Les organisations non gouvernementales (ONG) se félicitent d’un « virage essentiel » mais déplorent « l’édulcoration » des ambitions initiales de l’exécutif européen.
Garantir une véritable économie circulaire
Premier objet de leurs critiques : les objectifs de réemploi, revus à la baisse par rapport à la précédente version du projet, « en raison des protestations de l’industrie ». Ainsi, pour les boissons chaudes et froides, les taux sont passés de 30% d’ici à 2030 et 95% d’ici à 2040 à 20 et 80%. Pour les plats cuisinés à emporter, ils ont été réduits quasiment de moitié, de 20 et 75% à 10 et 40%. Pour l’e-commerce, le document précédent prévoyait des taux de 20 et 80% ; ils sont désormais de 10 et 50%. Pour se donner les chances d’atteindre « 100% d’emballages réutilisables ou recyclables » d’ici à 2030, « les objectifs doivent être relevés et élargis à d’autres secteurs, de sorte à garantir une véritable économie circulaire », estime Larissa Copello, de Zero Waste Europe (ZWE). Pour elle, davantage de réemploi permettrait de réduire l’utilisation de l’énergie et des ressources et entraînerait une diminution des déchets et des émissions de CO2, le choix de la Commission vis-à-vis du marché de l’emballage étant de l’« orienter enfin vers des pratiques de zéro déchet et de préservation des ressources » ou de « maintenir le statu quo avec des pratiques habituelles de gaspillage ».
Un appel à améliorer les propositions
Il en va de même pour le recyclage et les taux de contenu recyclé. « L’abaissement de l’objectif de contenu recyclé pour les bouteilles de boisson en plastique à usage unique et les autres emballages en plastique sensibles au contact reflète le fait que le « recyclage sûr » et la « circularité totale du plastique » sont des vœux pieux que l’industrie est incapable de réaliser », observe-t-on encore chez ZWE. Les dénonciations portent enfin sur l’abandon de certaines interdictions, telle celle du polystyrène expansé (PSE), ou de certains détails techniques relatifs à la définition de la recyclabilité. C’est pourquoi, jugeant que « ces propositions visant à soutenir la prévention des déchets d'emballages, la réutilisation et le recyclage en circuit fermé sont nécessaires de toute urgence étant donné les niveaux historiques de déchets auxquels l'Europe est confrontée », Jean-Pierre Schweitzer, directeur adjoint de l’économie circulaire au Bureau européen de l’environnement (BEE), appelle le Parlement européen et le Conseil à « se concentrer sur l’amélioration des propositions afin que la réutilisation et le recyclage effectifs puissent être développés, en évitant les fausses solutions ».



