Au sein des écoles d’ingénieurs, la cybersécurité occupe désormais une place prépondérante. Les responsables pédagogiques tentent d’adapter leurs cursus aux besoins du marché, dans l’espoir de soulager les tensions de recrutement. Esilv, Efrei, Isep… Plusieurs établissements ont même bataillé pour intégrer le Campus Cyber et profiter des synergies qu’il génère.
De nombreuses écoles proposent déjà depuis longtemps des majeures dédiées à la sécurité informatique, mais certains ont décidé de compléter leur gamme avec des formations plus courtes. « Nous avons lancé un bachelor spécifique à la cyber à la rentrée 2021 afin de répondre à la forte demande », explique Joël Courtois, l’ancien directeur général de l’Epita.
Des écoles dédiées
Portée par son dynamisme, la filière voit aussi apparaître une multitude d’écoles exclusivement focalisées sur la cybersécurité, à l’image de l’École 2600, d’Oteria et de la Cybersecurity business school. Elles délivrent des diplômes de niveau bac +3 et bac +5 et mettent en avant leurs relations privilégiées avec les pépites du secteur. «Les entreprises nous contactent afin que nous échangions sur leurs attentes et affiner nos programmes», affirme Valérie Dmitrovic, la directrice générale de Guardia, qui a accueilli sa première promotion en octobre et dispose de deux campus, à Paris et à Lyon.
L’université à la traîne
Ces formations pourraient-elles faire de l’ombre à celles dispensées par les écoles d’ingénieurs ? «Certains étudiants issus de ces nouvelles écoles sont très bons, mais parfois un peu monolithiques», regrette Éric Dupuis, le directeur d’Orange Campus Cyber. La cofondatrice de Guardia voit plutôt cette spécialisation comme un atout : «Nos élèves prennent de l’avance car ils sont tout de suite jetés dans le bain. Ils apprennent les bases de la cyber dès la première année, et c’est justement ce qui les passionne.»
Si la plupart des étudiants parviennent à payer leurs études dans le privé grâce à l’alternance, certains regrettent de ne pas disposer d’une offre plus économique dans les établissements publics, à la traîne sur le sujet. «Dans la cybersécurité, le pourcentage d’écoles privées est délirant, reconnaît Michel Van Den Berghe, le président du Campus Cyber. Il faut accompagner le développement de formations universitaires afin d’attirer aussi les jeunes qui n’ont pas les moyens de suivre des études onéreuses.»



