Le ministère des Armées prend au sérieux la menace que font peser les drones pour ses soldats et pour ses sites sensibles. En juillet 2021, les armées avaient testé dans le centre d’essais à Biscarosse (Landes) des armes lasers capables de détruire des drones en plein vol. Moins d'un an plus tard, l'armée fait l’acquisition de systèmes opérationnels qui seront livrés en début d’année prochaine.
La Direction générale de l'armement (DGA) a attribué mardi 26 avril le marché Parade (Protection déployable modulaire anti-drones) au consortium associant Thales et CS Group à l’issue d’un appel à concurrence européen qui date de mai 2021. Ce programme consiste en l’achat de systèmes capables de détecter de jour comme de nuit des mini-drones et micro-drones menaçants, les identifier et les neutraliser. Thales et CS étaient notamment en concurrence avec l’offre de MBDA.
Sécuriser les grands événements internationaux
Le montant maximal du marché s’élève à 350 millions d’euros sur une durée de 11 ans, dont 33 millions fermes à date. La première commande porte sur l’acquisition de six systèmes de lutte anti-drones Parade qui commenceront à être livrés au début de l’année prochaine. Le contrat prévoit également la livraison de plusieurs dizaines de systèmes complémentaires, ainsi que des études technologiques et des adaptations matérielles et logicielles. « Cela permet de neutraliser des drones qui sont soit pilotés par le biais d’ondes électromagnétiques, soit des drones autonomes qui bénéficient de signaux de géolocalisation », a précisé Hervé Grandjean, porte-parole du ministère des Armées, lors de l’officialisation de ce contrat.

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Outre les sites militaires, ce dispositif sera également mis en œuvre pour protéger les sites sensibles des opérateurs d’importance vitale pour la nation ainsi que les grands événements internationaux qui auront lieu sur le territoire national (la Coupe du monde de rugby 2023, les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris en 2024).
Des PME tricolores comme partenaires
Chaque système est composé de goniomètres (des appareils capables de détecter les angles d’approche des drones), de radars (pour évaluer la distance de ces drones), d’optronique d’identification ainsi que d’effecteurs pour les neutraliser (dispositifs de brouillage). L’ensemble du système est piloté par un C2, soit un centre de commandement et de contrôle.
Ces systèmes seront déplaçables par voie routière, maritime ou aérienne. «Le marché a été conçu de manière agile et évolutive et permet de s’adapter à la menace, souligne-t-on encore au ministère des Armées. Si on a besoin de nouveaux effecteurs pour contrer de nouvelles technologies de drones, on sera capable par le biais de ce marché de contractualiser des prestations pour intégrer de nouveaux effecteurs comme un laser de puissance ».
Thales et CS soulignent par ailleurs que leur offre s’appuie sur la technologie de différents partenaires, notamment les PME tricolores telles CerbAir, Exavision et MC2 Technologies ainsi que l’entreprise néerlandaise Robin.



