Petits, rapides, pas chers, difficilement détectables et capables d’embarquer des charges explosives, les drones sont devenus la nouvelle hantise des militaires. Nouvelle preuve de leur dangerosité: le 5 juillet dernier, un drone piégé a survolé dangereusement l’ambassade américaine à Bagdad, en Irak. L'appareil a finalement été abattu par les militaires qui assuraient la protection du bâtiment.
L’Armée française passe également aux choses sérieuses en matière de lutte anti-drones. La ministre des Armées, Florence Parly, s’est rendue mercredi 7 juillet à Biscarosse (Landes) dans le centre d’essais de la DGA (Direction générale pour l’armement) pour assister à une démonstration de destruction d’un drone léger. La destruction s’est faite grâce à un système développé par Cilas, une PME du groupe ArianeGroup spécialisée dans les lasers militaires. Son système Helma-P est capable de détecter un appareil à 3 kilomètres de distance et de le neutraliser à moins d’un kilomètre.
L’équipement développe une puissance de 2 kilowatts (KW), soit une puissance un million de fois supérieure à celle des lasers de code-barres du commerce. Selon le ministère des Armées, il s’agit d’une première en Europe, qui reconnaît toutefois que les Américains et les Israéliens disposent d’une avance technologique et opérationnelle dans ce domaine.
Des fusils brouilleurs

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La France est toutefois bien décidée à combler son retard. La ministre a profité de l’occasion aussi pour ériger la lutte anti-drones en priorité en termes d’innovation pour son ministère. "C’est un véritable enjeu technologique, car il s’agit de faire face à une menace qui ne peut pas toujours être prise en compte par notre défense aérienne classique: elle est trop petite, trop lente, trop basse et avec une signature radar trop faible", a précisé Florence Parly à l’issue de la démonstration.
La cible visée: les drones aériens légers, soit les appareils d’une masse inférieure à 100 kilos. Ce type de machine peut s’acheter dans le commerce, et son usage peut être aisément détourné pour mener des actions offensives. L’appareil peut être converti en drone espion à l’aide d’une caméra, en drone d’attaque en l’équipant d’une charge explosive. Ou même en drone suicide, s’il est projeté directement contre son objectif.
Des drones... Intercepteurs de drones
Depuis 2017, l’Armée française a accéléré le développement de son arsenal anti-drone. Elle a acquis auprès du fabricant CS Group des moyens interarmées de lutte anti-drones (MILAD) équipés de brouilleurs capables de perturber la télécommande de l’opérateur ou le GPS de l’appareil. Ces moyens ont été déployés en opérations extérieures à Niamey, au Niger, et à Gao, au Mali. Compte tenu de leur efficacité, le ministère a décidé d'acquérir 50 fusils brouilleurs supplémentaires.
L’Armée a également utilisé le système BASSALT développé par Hologarde, filiale à 100% d’ADP, pour la surveillance en 2019 de l’espace aérien à l’occasion du sommet du G7 qui s’était tenu à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) en 2019. Là encore, deux systèmes supplémentaires sont en cours d’acquisition.
Le ministère des Armées veut toutefois élargir sa palette de technologies pour contrer les drones. L’Agence de l’innovation de défense (AID) a lancé un appel projets dans le domaine des drones… Intercepteurs de drones! Des démonstrations doivent être réalisées dès l'année prochaine.
Des canons électromagnétiques de forte puissance
La DGA a pour sa part lancé récemment l’appel d’offres PARADE (Protection déployable modulaire anti-drones) pour disposer d’équipements de détection et de neutralisation disponibles sur étagère. Plusieurs industriels sont candidats. Les premières livraisons sont programmées avant la fin 2022. Le ministère prévoit des achats pour un montant de l’ordre de 300 millions d’euros sur une période d’environ dix ans.
A plus long terme, les armées voudraient disposer de véritables armes à énergie dirigée. Soit de véritables canons électromagnétiques qui émettent des ondes à très forte puissance capables de brûler l’électronique embarquée du drone cible. Une telle arme a encore l’avantage de pouvoir neutraliser des essaims de drones. Les militaires se sont toutefois gardé de donner des précisions en matière de puissance nécessaire et de portée d’une telle arme.
Enfin, la ministre des Armées a souligné que les futurs dispositifs de lutte anti-drone bénéficieront également au ministère de l’Intérieur. Il est envisagé qu’ils soient déployés afin d’assurer la sécurité des grands événements comme la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de Paris en 2024.



