«Nous accélérons le développement commercial en Europe», se réjouit Alexis Von Tschammer, directeur général de Lactips. Le patron de l’entreprise française spécialisée dans la fabrication de polymère biosourcé, hydrosoluble et biodégradable, annonce la cinquième levée de fonds depuis la création de l’entreprise il y a 10 ans.
D’un montant de 16 millions d’euros, l’opération a été réalisée auprès de quatre investisseurs : deux historiques, Bpifrance (à travers le fonds SPI) et BNP Paribas développement, et deux nouveaux : Swen Capital Partners et Go capital. « Cela témoigne de la confiance qu’ils ont dans notre technologie pour éliminer la pollution et le gaspillage plastique », estime le dirigeant arrivé en 2022.
Protéine de lait pour emballages et étiquettes
Installée à Saint-Paul-en-Jarez (Loire), Lactips utilise la caséine, une protéine de lait, comme substitut aux produits pétrosourcés dans des applications d’emballage. Transformée en film souple, elle sert par exemple à encapsuler les doses de détergents pour lave-vaisselle. Appliquée en enduction sur du papier-carton, la solution protège les produits secs ou gras. «Notre produit est naturel. Il ne génère pas de microplastiques et disparait sans laisser de trace dans la filière de recyclage du papier carton», fait valoir Alexis Von Tschammer. Le produit facilite aussi l’élimination des étiquettes afin de favoriser le réemploi des bocaux en verre ou des bacs de transport en plastique. Enfin, Lactips est utilisé pour accélérer la biodégradation de bioplastiques, notamment destinés à l’agriculture.
Doubler la production d’ici deux à trois ans
Outre sa montée en puissance en Europe, la PME voit plus loin. Lactips se prépare à exporter sa matière aux Etats-Unis et au Japon. «C’est le plus grand marché et il y a un fort développement des produits "plasticfree", indique Alexis Von Tschammer à propos du premier. Le Japon, lui, est identifié comme un important fabricant d’emballages secondaires. Lactips peut compter sur un soutien de poids pour s’y développer. Mitsubishi Chemical Advanced Materials, l'un de ses actionnaires, devrait l’aider à pénétrer le marché.
La cinquième levée de fonds servira aussi à poursuivre les efforts de R&D. «On veut continuer à réduire notre empreinte carbone, aussi bien en termes de formule que de process.» De nouvelles capacités de production sont prévues. «Une ligne de 1500 tonnes est opérationnelle», indique le dirigeant qui en envisage une seconde d’ici deux à trois ans. «On a de la place pour aller à 10 000 tonnes». Lactips qui ne souhaite pas communiquer de chiffre d’affaires, indique être référencé par des entreprises comme Walki, Michelman, CGP coating, Guyenne papier, Toyo Ink et Truplast. La société compte 50 collaborateurs.



