Un plastique ABS recyclé avec un taux de pureté supérieur à 99%. C’est la promesse de la technologie développée par la société Skytech qui a annoncé le 26 novembre le démarrage de sa phase industrielle avec une production de 7 000 tonnes par an de plastiques acrylonitrile-butadiène-styrène (ABS) et de polystyrène (PS) recyclés issus du recyclage des déchets des véhicules hors d’usage (VHU) et des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE). Son usine de Bonnières-sur-Seine (Yvelines) atteindra sa capacité maximale, de 10 000 tonnes, en 2021.
Le recycleur annonce des taux de pureté particulièrement élevés pour ses matières plastiques recyclées (MPR), pour des produits issus d’une filière post utilisation : 99 % pour l’ABS et 97 % pour le PS.
Un mélange difficile à trier
Une prouesse car le traitement de ces gisements de déchets post utilisation, constitués de broyats de plastiques hétérogènes (un mélange d’ABS, de PS, et de polypropylène - PP) est un vrai casse-tête pour les recycleurs.
« Il s’agit d’un mélange constitué de thermoplastiques possédant des densités très similaires, explique Arthur Rozen, président directeur général du groupe. Ils sont difficiles à trier avec des méthodes de tri densimétriques classiques, comme la flottaison. »
Skytech a mis au point un système de discrimination des matières par triboélectricité. Les broyats de matières sont chauffés dans un premiers temps. « Cette opération permet d’élimer les éventuels élastomères qui peuvent subsister dans le mix de matières, d’enlever l’humidité et de rendre les plastiques conducteurs », détaille Arthur Rozen.
Discriminer la matière grâce à des électrodes
Les broyats de plastiques sont ensuite agités et entrechoqués : ils commencent à s’échanger des électrons entre eux. L’ABS se charge négativement, et le PS positivement. Une fois chargée, la matière passe entre deux électrodes, l’une positive, l’autre négative. L’ABS est attiré par l’électrode positive tandis que le PS est capté par l’électrode négative.
Les plastiques récupérés sont ensuite rebroyés et fondus pour former de nouveaux granulés. Skytech y ajoute des additifs et des pigments pour répondre aux besoins de certaines filières.
Si le PP présent dans le mix matière de départ est récupéré, les volumes sont insuffisants pour en refaire de nouveaux matériaux.
Une progression du taux d’incorporation des MPR
Le recycleur propose actuellement ses ABS et ses PS aux secteurs des équipements électroménagers, de l’automobile ou encore du sport et loisirs. « Actuellement l’incorporation d’ABS recyclé dans des produits neufs se situe entre 7 et 10 %, met en avant Ophélie Godde, directrice opérationnelle du groupe. Avec le contexte réglementaire favorable à l'incorporation des MPR, nous nous attendons à ce que ce taux augmente prochainement. »
Skytech envisage de mettre en place une nouvelle unité de tri en 2022, et une troisième en 2023. Au total, 30 millions d’euros auront été investis sur la France et un site à l’étranger. A cet horizon, la société sera capable de produire 30 000 tonnes de matières plastiques par an, et pourra traiter des mix comportant quatre matières (ABS, PS, PP et polyamide – PA) que l’on trouve fréquemment dans les gisements de VHU.



